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Manga Critique
Demon Slayer

Demon Slayer : aucune surprise, et j'ai quand même tout lu

Le sabre fait le moine

Fiche technique →

Vingt-trois tomes, pas une vraie surprise, et un ronchon du shonen qui a tourné toutes les pages malgré tout. Pour le dessin, surtout.

Je vais être franc : j'ai boudé Demon Slayer par principe. Tout le monde en parlait, ça sentait le shonen (la baston pour ados) de plus, et j'ai l'âge d'avoir tout vu depuis Dragon Ball (et pourtant je n'ai commencé que récemment). C'est Djak, qui m'a mis les premiers tomes en main l'an dernier, un peu de force. Je lui dois bien ça. Et je n'ai pas eu de révélation, pas de tome-choc, pas de planche qui m'a fait basculer d'un coup. J'ai juste continué à tourner les pages, un peu surpris moi-même d'y revenir.

L'histoire, on la connaît sans l'avoir lue. Ère Taisho, un gamin, Tanjiro, retrouve sa famille massacrée par des démons et sa petite sœur Nezuko changée en démon, mais pas tout à fait. Il devient pourfendeur pour la sauver. Deuil, mentor, examen d'entrée, montée en puissance : rien, absolument rien, ne m'a surpris en vingt-trois tomes. Le scénario coche les cases du genre les unes après les autres, sagement.

Ce qui m'a tenu, c'est le dessin, et surtout les combats. Le trait n'a rien d'extraordinaire au repos, il est même un peu sec, vite tiré sur les cases de transition. Mais les affrontements changent la donne. Les pourfendeurs se battent au sabre selon des "respirations", des styles d'escrime baptisés d'après l'eau, le feu ou la foudre, et quand ça se déclenche, la page se couvre de grandes vagues d'encre et de traînées de vitesse. On passe d'une case à l'autre sans jamais buter, emporté. Je ne suis pas objectif là-dessus : la baston bien dessinée, c'est exactement ce que je venais chercher, et je n'ai pas été déçu une seule fois. Le noir et blanc y est pour beaucoup, les fonds se chargent d'encre dès que le danger approche, et certaines doubles pages sont franchement impressionnantes.

Pour le reste, service honnête sans plus. Les démons ont droit à un passé triste avant de mourir, le duo Tanjiro-Nezuko a sa dose de tendresse, et les gags où tout le monde rapetisse en bouille ronde m'ont plus agacé qu'autre chose. Rien de tout ça ne monte au niveau des combats.

Une bonne chose quand même : la série s'arrête à vingt-trois tomes, pile quand il faut, au lieu de s'étirer sur cent volumes comme certains shonen-fleuves que je ne nommerai pas (si, One Piece, et ce n'est pas le seul). Elle sait finir. C'est déjà rare dans le genre.

Alors voilà où j'en suis : un manga qui ne m'a jamais surpris et que j'ai pourtant lu en entier, uniquement parce que les combats sont graphiquements superbes. Je savais où ça allait, j'y suis allé quand même. Si tu as boudé le phénomène comme moi, tu peux t'y mettre sans crainte, en sachant que la surprise ne viendra pas de l'histoire. Elle viendra du sabre. Merci Djak.

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