7/10Variante

/ Critique - écrit par juro, le 23/02/2008
Notre verdict : 7/10 - Les yeux de Chimère (Ecrivez votre critique)

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Les monstres contre la lycéenne. Bah, pour une fois, ça mérite d'être lu car la plongée dans l'horreur se révèle tout à fait prenante et tranchante !

Un peu de fantastique doublé de gore, ça vous manquait ? Qu'à cela ne tienne, voici Variante, requiem pour le monde qui répondra certainement à vos attentes. Iqura Sugimoto propose une intrigue noire et tranchante, surprenante et intense, imposant une horreur inhumaine aux yeux de tous à la manière de Parasite. Seulement, cette fois-ci, moins de terreur psychologique mais du découpage qui tâche.

Une Variante de Parasite

Variante (c) Glénat
Variante (c) Glénat
La famille de la jeune Aiko a été décimée par des créatures monstrueuses, les « chimères ». Seule survivante du massacre, la jeune fille se réveille dans un lit d'hôpital, le bras gauche transformé par une mystérieuse organisation. Attaquée à nouveau dans sa propre chambre, Aiko découvre alors le terrifiant pouvoir de son nouveau bras, et décide finalement de s'en servir pour combattre les chimères... avec leurs propres armes.

Un monde qui se désagrège autour d'une jeune fille qui a tout perdu, se transformant progressivement en monstre contre son gré, c'est un peu le principe de Variante. Les premières pages lancent parfaitement l'intrigue en mettant en scène la résurrection inespérée d'Aiko et de son bras monstrueux pour un contexte qui ne lambine pas durant des volumes à se mettre en place. Variante propose une intrigue qui pourrait tomber à plat dès les premiers instants, elle en possède plusieurs ingrédients qui rejaillissent de ses personnages : une jeune fille dont le nouveau poids est trop lourd à porter, le policier au look bad boy et la légiste femme fatale bientôt tous réunis dans une organisation secrète débusquant les chimères. Trois personnages qui n ‘ont franchement pas grand-chose d'original à offrir. Heureusement, Sugimoto préfère mettre en avant son scénario qui ne fait pas dans le détail mais qui a le mérite de monter en régime en peu de temps. Néanmoins, on, prend plaisir à se rappeler les débuts de Parasite et voir que Variante prend la même trajectoire. L'horreur plonge l'héroïne dans une profonde solitude, une méfiance et même un rejet des autres qui en devient maladif mais bien vite el soufflet retombera... Du pour, du contre... Mais du sang, ça c'est sur !

Rouge sang

Le déluge d'hémoglobine n'en finit pas. Pas de sentiment particulier des monstres vis-à-vis de leurs victimes, ceux-ci ne semblant attirés que par la terreur qu'ils peuvent inspirer en sortant de nulle part, l'un des nombreux aspects qui font penser aux anges d'Evangelion. Visiblement, leur présence est conséquente aux récents événements et ils comptent bien perturber Aiko jusqu'au trépas. Si Variante ne possède pas des caractéristiques originales, la mise en boîte se montre réussie et l'ambiance immersive du titre ne faiblit qu'en de rares occasions.

Un beau graphisme. C'est le premier sentiment qui se dégage à la vue de Variante, une autre caractéristique d'Evanegelion. Mais au petit jeu des comparaisons, rien de plus car Variante s'attarde plus souvent sur une horreur crue, imprévisible et les expressions de détresse d'une héroïne complètement retournée par sa nouvelle vie. Le trait fin, travaillé et approprié au seinen de Sugimoto finit de donner une impression définitivement positive sur Variante. D'autant plus que sa gestion du découpage laisse entrevoir de belles futures opportunités d'y prendre de nouveau plaisir.

Le manga pose ces conditions d'emblée. Pas de temps mort, on fonce tout droit vers une fin en quatre volumes qui sent le soufre et la souffrance. Et encore une fois, on le doit à Glénat. Et même si quelques bémols peuvent se poser ici ou là sur la suite de l'aventure, Variante ne peut qu'être recommandé.