8/10One Piece Film 7 : le Soldat géant mécanique du château Karakuri

/ Critique - écrit par Kurono-kun, le 18/05/2008
Notre verdict : 8/10 - Luffy contre les robots (Ecrivez votre critique)

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Des pirates et des mechas, une bonne idée ? Oui ! Luffy et ses amis se trouvent confrontés pour cette nouvelle aventure à une multitude de machines infernales, une rencontre qui ne peut être qu'explosive...

Pour le septième film One Piece, baptisé Le Soldat géant mécanique du château Karakuri, la Toei Animation décide de ne pas prolonger l'expérimentation graphique de l'opus précédent (pourtant assez convaincante, mais qui avait ses limites) et opte pour un compromis entre continuité et retour aux sources. Continuité tout d'abord dans l'esprit, avec le rappel du scénariste Masahiro Itou (qui avait donc signé le script du sixième), mais surtout un retour aux sources au niveau visuel : pour la réalisation avec Konosoke Uda (réalisateur du film 4 : Course vers la mort) et avec Eisaku Inoue au poste de character designer (il tenait déjà ce poste sur le second film : Aventure sur l'île de l'horloge). Une très bonne nouvelle pour les fans, prometteuse, car ils ont oeuvré sur deux des meilleurs opus cinématographiques de la saga.

Tout commence après que Luffy et son équipage eurent trouvé un coffre dans une barque près d'une épave. Mais en guise de trésor, celui-ci ne contient... qu'une  étrange et minuscule vieille femme, qui clame avoir été capturée par des pirates. Pour ne pas être rejetée fissa à la mer par Luffy et avoir la vie sauve, elle leur parle d'un trésor caché quelque part sur l'île de Torishiki. C'est la Couronne d'or, destinée selon la légende au Roi des Mers. Plus que dubitatifs face à cette tentative désespérée de s'en sortir, les membres de l'équipage hésitent à se lancer dans l'aventure, mais leur capitaine, fidèle à lui-même, ne résiste pas à la curiosité et décide de ramener la vieille dame jusqu'à son île afin d'en découvrir plus sur ce prétendu trésor. Approchant de cette étrange île, nos amis comprendront vite pourquoi on la surnomme "l'île mécanique", car ils sont attaqués par le système de défense sophistiqué inventé par le maître de l'île, Radjet, un inventeur de génie. Nos amis arriveront-ils à éviter les pièges tendus par Radjet et ses acolytes afin de pénétrer sur l'île ? L'étrange chant qu'ils ont entendu aux abords de cette même île cache-t-il le secret de la Couronne d'or ?

2 + 4 = 7 ?

Le compromis annoncé en introduction est bien présent dès les premières images. Au lieu de retourner à un design désuet, on garde la volonté de modernité affichée au fur et à mesure dans la saga One Piece (dans la série et dans les films) tout en collant au plus proche des valeurs pronées par Oda pour son oeuvre : personnages expressifs et crédibles aussi bien sur le plan humoristique que dramatique, corps longilignes, etc.
Le résultat est plutôt bon, avec un character design assez proche de celui de la série mais en plus mature, montrant des personnages de plus en plus réalistes au niveau des corps, des ombres et des expressions faciales. Mais en regardant de plus près, le résultat est teinté de petites imperfections, le design est parfois brouillon, imprécis ou trop formaté (leur création assistée par ordinateur est trop visible à certains moments, surtout au niveau des yeux). Bref, un brin décevant. On peut ajouter que le même constat s'applique pour l'animation, en majorité tout à fait classique et très réussie (c'est l'une des bases de One Piece, on en est toujours ravis), par contre les quelques tentatives faites uniquement en images de synthèse sont ici complètement ratées. Malgré tout l'ensemble tient largement bien la route, la mise en scène est efficace et les paysages superbes nous entraînent dans un pan très exotique de cette aventure passionnante, avant que le design très réussi des machines ne nous ramène à la violente réalité représentée par l'avidité et la soif de pouvoir. On est au final bien loin de l'inventivité graphique et de la beauté visuelle démontrées par les film 5 et 6, mais on apprécie l'univers plus cohérent de cet opus, qui est plus proche des films 2 et 4.

On note également avec un grand plaisir la recherche d'équilibre qui caractérise ce septième film, tant au niveau des graphismes que du script. Le mot d'ordre : ne pas en faire trop ! Mission réussie. L'histoire est originale, l'action laisse une bonne place à la réflexion et l'équilibre des couleurs est très convaincant, adjoint au perfectionnisme des décors, cela donne un aspect très sérieux au film, qui n'en est que plus appréciable.

La bande son est, à l'image du générique d'entrée, très classique, avec des envolées orchestrales aux mélodies entraînantes d'un côté et des sonorités plus mystérieuses de l'autre, avec notamment un chant aux accents traditionnels nippons très prononcés qui fait définitivement naître une atmosphère particulière à l'approche de l'île, plongeant encore un peu plus dans l'obscurité le spectateur qui ne savait pas à quoi s'attendre après une introduction plus qu'intriguante. Pour le reste, répétons-le encore et encore, la musique est une valeur sûre, une des plus grandes qualités de One Piece, la preuve en est faite encore une fois dans cet opus, le compositeur Kouhei Tanaka maîtrise parfaitement son sujet et nous livre une bande originale réjouissante, originale, autonome (on a ici bien plus qu'une reprise des thèmes musicaux de la saga, on entend une vraie composition prendre forme autour du film et lui donner une identité propre), d'un lyrisme aventureux captivant. Que demander de plus ?


Mecha world

Le Soldat géant mécanique du château Karakuri est placé sous le signe d'une collision entre traditions et modernité, un mélange très bien exploité dans le script, bourré d'idées qui vont plaire à tous les spectateurs : un avion, des robots au design et aux facultés très inventives, une énigme basée sur les paroles d'une vieille chanson, des adversaires très intéressants, des jeux de mots, un secret très bien caché... Le tout est orchestré avec rythme tout au long d'un scénario prenant, énigmatique et rempli de surprises. Les combats sont assez rares, mais d'une intensité remarquable, rassemblés dans un climax final (qui dure dans les vingt minutes !) d'une puissance émotionnelle et graphique rare, qui mettra les nerfs et les compétences de nos héros à rude épreuve. Mention spéciale pour les mechas et le caractère mécanique du château (un principe qui rejoint là encore le second film avec l'île de l'horloge), bien réussis, et qui rendent la tâche de Luffy et ses amis encore plus difficile tout en ne faisant pas l'erreur d'apporter trop d'anachronismes à l'univers de One Piece (avec leur aspect de jouets, les mechas passent très bien) qui se fond sans peine avec la dimension technologique de l'univers de Radjet (aussi bien que Dragon Ball mélangeait allègrement les arts martiaux traditionnels avec les mechas de Pilaf et de l'armée du Red Ribon).

Malgré des graphismes perfectibles, ce septième film tire donc parti des atouts les plus efficaces de la saga, y ajoute un soupçon de suspense bienvenu et s'impose comme un des meilleurs films One Piece, un peu moins drôle que les premiers mais plus équilibré et plus mature. Un film fait pour plaire à tous : même les otakus les plus pervers auront leur part du gâteau car c'est le premier des films One Piece à  utiliser la technique de la poitrine bondissante pour le personnage de Nami - les plus prudes ne s'en offusqueront peut-être pas, car cet effet estampillé "fan service" ne fait pas l'objet d'un abus de la part du réalisateur (étrangement, Nico Robin, qui a elle aussi une poitrine opulente, n'est pas affligée du même traitement, alors que Nami, vêtue à la manière de Lara Croft, est réduite au rang d'icône ecchi), et puis de toute manière la Toei Animation n'a jamais caché l'enjeu commercial de ces films. Dernière petite chose (énorme en réalité), une surprise de taille réservée par les créateurs de la saga pour ce film qui nous laisse entrevoir un évènement primordial pour la suite de la série à l'époque (le film 7 est sorti juste avant le début de la saison 8), qui concerne Luffy... vous voulez en savoir plus ? Regardez ce film, vous ne serez pas déçus.

A savoir : avertissement pour tous les fans, Chopper n'est pas doublé par son seiyuu (doubleur voix japonais) original dans cet opus. C'est un véritable crève-coeur car Chopper a toujours été le plus mignon des personnages, et qu'il perd tout son charme à cause d'une voix ridicule (on dirait un écureuil lobotomisé). Cependant, ce n'est pas une raison suffisante pour louper le film, surtout vu le petit rôle qu'y joue Chopper, et cette déception mise à part, on passe un très bon moment. Et surtout ne zappez pas le générique de fin, il s'y passe encore des choses !

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