9.5/10Billy Bat T.1&2

/ Critique - écrit par OuRs256, le 28/03/2012
Notre verdict : 9.5/10 - Bat'as qu'à l'acheter ! (Ecrivez votre critique)

Billy Bat T.1&2
Kevin et sa coupe rétroUn volume 1 ? C'est parti pour une introduction !
Les parents de Kevin Yamagata sont japonais mais ils ont émigré au pays de l'oncle Sam pour assurer un meilleur avenir à leur fils. En 1949, Kevin est devenu dessinateur de comics et il conduit une série à succès nommée Billy Bat qui nous narre les histoires d'une chauve-souris détective privé. Un jour, Kevin découvre que son personnage existe déjà dans son pays d'origine, le Japon, et se demande où il l'a vu pour la première fois (il était persuadé d'avoir créé son personnage de toutes pièces). Très remonté contre le plagiat (son père en a beaucoup souffert), il décide de se rendre au Japon pour trouver l'auteur original et lui demander les droits d'utilisations du personnage. Une fois au Japon, il retrouve une ancienne connaissance qui va l'aider à mettre la main sur un manuscrit contenant la chauve-souris. Ce dernier n'est qu'une copie d'un ancien rouleau ninja mais puisqu'il contient le personnage, l'ancien ami de Kevin décide de le faire chanter. Dans le bar, la discussion tourne court entre les deux amis et un drame se prépare...

Billy Bat T.1&2
La chauve-souris est toujours là...
Pourquoi vous choisirez Billy Bat plutôt qu'un autre titre une fois chez votre libraire :
Billy Bat est une de ces séries que l'on voit tout de suite sur un étalage (parce que chaque titre d'Urasawa est systématiquement mis en valeur me direz-vous...). Le personnage de Billy a quelque chose d'accrocheur. Il rameute les foules et permet de pallier le manque de charisme de Kevin (qui a beaucoup moins la classe qu'un Tenma, Kenji ou encore un Gesicht pour le coup !), problème en partie dû à sa coupe de cheveux rétro catastrophique.

Urasawa gère son début de série comme il sait le faire et on se rapproche beaucoup de l'ambiance d'un Monster puisque le héros se met dans une position similaire à celle de Tenma : en voulant faire le bien, il se retrouve impliqué dans un complot qui le dépasse et va devenir un fugitif. La cavale commence donc pour l'ex-artiste qui va rencontrer de nombreux personnages sur son chemin : de l'homme aux petites lunettes rondes au dessinateur de manga. L'auteur a toujours cette manie (horrible pour les lecteurs mais c'est le propre du thriller) de couper court d'un coup à l'intrigue qu'il développe pour se focaliser sur d'autres personnages. Ces derniers bénéficient d'ailleurs d'un travail remarquable (comme d'habitude je serais tenté de dire) puisque chacun possède son background, ses soucis et sa part de responsabilité dans le drame qui se joue.

On retrouve bien la patte graphique qui a fait le succès d'Urasawa. Les méchants ont des expressions faciales terrifiantes et les gentils semblent perdus en permanence. Certains personnages ont même toujours cette poker face qui fait que l'on ne sait jamais dans quel camp ils sont. Là où Urasawa fait fort, c'est quand il change complètement son style pour dessiner les aventures de Billy Bat (enfin... celles dessinées par Kevin, oui je sais, c'est un peu compliqué). Lorsqu'il dessine Billy, le style devient beaucoup plus orienté comics et donne un côté assez déstabilisant au tome complet. Ces passages alternatifs sont d'ailleurs d'une importance cruciale dans l'histoire mais je ne préfère pas trop en dire.

L'édition est de très bonne facture. Pika a utilisé un format un peu plus grand qu'à l'habitude et les pages couleurs ont été conservées (il y en a un sacré paquet dans les deux premiers volumes donc sur ce coup là, chapeau !). Je n'ai pas non plus vu trop d'erreur de typo ou d'orthographe et la reliure ne gêne jamais la lecture d'une case. C'était la moindre des choses pour une série de ce calibre !

Le mot de la fin : Tout ce qui semble être sans lien se mêle et s'entremêle pour donner une consistance étonnante à une intrigue palpitante. Les fans seront en territoire connu puisque la façon d'oeuvrer du maître n'a pas changé. C'est toujours aussi frustrant de quitter un personnage que l'on aime mais on sait très bien qu'il reviendra à un moment où à un autre dans le destin des nouveaux arrivants. La chauve-souris joue avec nos nerfs et ses origines restent encore mystérieuses. Son leitmotiv n'est d'ailleurs pas sans rappeler le "Le monstre qui est en moi est sur le point d'exploser" de Johann dans Monster. Urasawa alterne les styles avec brio pour nous concocter une de ces oeuvres dont lui seul a le secret. Une chose est sûre, il ne faudra pas le louper lors de Japan Expo en juillet !