8/10Le Sommet des Dieux

/ Critique - écrit par Djak, le 22/03/2004
Notre verdict : 8/10 - "Aller plus, aller plus haut" (Tina Arena) (Ecrivez votre critique)

Himala...joie.

Katmandou 1993, Fukamachi, photographe de métier, est loin de s'imaginer que sa vie va être aujourd'hui totalement bouleversée. Pourtant, il vient à peine de vivre un drame dans sa vie. En effet, il est hanté par la mort de deux de ses compagnons de cordée depuis sa récente ascension de l'Himalaya. Mais la découverte quelques jours plus tard d'un vieil appareil photo va amener Fukamachi sur les traces des pionniers de l'Himalaya et de leur monde.
Ainsi, à travers le regard et les souvenirs du photographe Fukamachi, le mangaka Jirô Taniguchi nous entraine sur les pas de Habu Jôji, génie japonais de l'alpinisme. Une remontée dans le temps où le lecteur est invité à pénétrer dans un monde à part où cohabitent la dure loi de la montagne et la folle passion des Hommes.

Sommet lointain.

Le sommet des dieux
Le sommet des dieux
Kana
décide dès la publication de son premier ouvrage, dans la collection "Made In Japan" de frapper fort, de marquer les esprits. Ici, rien n'a été laissé au hasard.
En effet, Le sommet des dieux se rapproche de la perfection dans tous les domaines. A l'origine, Le sommet des dieux est un célèbre roman japonais (prix Rentarô Shibata en 1997 notamment) du populaire Yumemakura Baku. Grâce à une connaisance commune Baku proposa à Taniguichi d'adapter son oeuvre en manga. Quelques temps plus tard un chef d'oeuvre était né.

Taniguchi dessine à la perfection l'univers de la montagne. Il arrive à retranscrire avec aisance l'impression d'immensité et de hauteur de ces sommets. On ressent réellement l'altitude, la toute puissance de la nature. En outre, son trait fin fait ressortir très clairement les sentiments des personnages, leur passé, leurs émotions. Taniguchi en une seule case parvient a retranscrire tout le passé d'un protagoniste.

D'un autre côté, Baku, romancier et ici conteur de génie, nous livre une histoire prenante, entre poésie, action et suspense. Un manga dépaysant, novateur qui tout au long de ses 320 pages transporte le lecteur dans un monde inconnu...qui laisse réveur.

Taniguchi: l'Homme qui marche.

En conclusion, on peut dire que Kana a déniché une perle rare. Le sommet des dieux s'inscrit comme une nouvelle référence ayant sa place dans toutes les Bédéthèques. En outre la qualité d'adaptation de Kana est sublime (grand format, papier de qualité, couverture souple...)
Ainsi, Taniguchi signe ici un nouveau chef-d'oeuvre en ce début d'année 2004. Maintenant, il n'y a plus qu'à espérer que Le sommet des dieux ne passe pas inaperçu dans la masse de la production nippone.
Mais gageons que le nom de Taniguchi (Alph' Art du meilleur scénario pour Quartier Lointain en 2003) attirera.

2005: Le sommet des Dieux, meilleure série à Angoulème après 20th Century Boys?