8.5/10Ghost in the Shell - Stand Alone Complex

/ Critique - écrit par juro, le 26/05/2005
Notre verdict : 8.5/10 - Des fantômes en série (Ecrivez votre critique)

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Forcément. Avec un manga puis un film devenu cultes, Ghost in the Shell est déjà passé à la postérité, reste que la petite lucarne n'y avait pas encore eu droit. Forcément. Plus gros budget développé pour un anime à ce jour, Ghost in the Shell - Stand Alone Complex se devait de marquer de son empreinte ce média oublié. Et puis forcément, avec une réputation et une publicité sans précédent, l'anime se devait de se tailler la part du lion parmi la cuvée 2004 mais même si le succès fut au rendez-vous des plaintes se sont élevées contre la destruction partielle d'un mythe car FORCEMENT, pour passer à la télévision, une adaptation et une simplification étaient nécessaires et par conséquent une réduction d'intrigues épisodiques à leur plus juste consistance. Mais... mais Stand Alone Complex possède de nouveaux atouts qui compensent plus ou moins ces pertes.

L'affaire est dans le SAC

La première saison de GITS - SAC nous décrit la vie de la Section 9 au quotidien à travers des épisodes apparemment autonomes. Le major Kusanagi, Batou & Cie sont chargés de traquer un cyber terroriste, le Bouffon, qui n'hésite pas à passer à l'action dans la réalité : attentat, piratage, action en tout genre pour une raison non revendiquée. La chasse s'organise comme une véritable enquête où les indices se glanent peu à peu et la réflexion vers le profil du suspect s'élabore lentement. Les épisodes ne traitent pas tous de l'affaire en cours mais nous en apprennent un peu plus sur cette anticipation mettant en scène un monde réorganisé après un nouveau conflit majeur aux alentours de 2030. La première saison joue le rôle d'une présentation globale de tout ce qui nous attend dans la seconde saison rappelant l'ultra robotisation, la disparition quasiment totale de l'humain sans implants cybernétiques et de l'apparition de nouveaux rapports de force à l'échelle planétaire. Par conséquent, cette première saison est très intéressante mais moins intense que la seconde qui propose plus d'action...

En effet, la seconde saison de Stand Alone Complex rentre directement dans le vif du sujet, faisant taire les mauvaises langues déçues par le manque d'action de la première. Si le mystère demeure encore concernant la véritable identité du Bouffon, les épisodes présentent un tout autre visage en cernant le problème des réfugiés du fameux conflit ayant éclaté au niveau mondial avec un nouvel adversaire : les Onze Individualistes. Et, avec beaucoup de mal et « ah bah bien sûr » après coup, on devine que les micro éléments glissés au fur et à mesure de l'intrigue s'imbriquent les uns dans les autres créant un gigantesque puzzle philosophique qui se métamorphose en un dénouement bourré d'action. La deuxième saison apparaît légèrement meilleure que la première avec une intensité supérieure, un scénario plus consistant mais surtout l'apparition de Gouda.

A prendre comme une série qui n'a pas grand chose à voir avec les deux précédents films, Ghost in the Shell - Stand Alone Complex est plaisant. En effet, il ne faut pas espérer des personnages sombres, a contrario voici une major qui retrouve son horrible costume de cosplay du manga de Shirow et un Batou qui sourit (!?)... Désopilante un certain temps, l'adaptation parvient à séduire par son rythme efficace et une bonne orchestration entre scènes d'action, de réflexion et quelques brins d'humour. L'action se situe avant le premier film et traite principalement de la relation homme/machine dans un monde où plus personne ne possède de repères et où le crime prend de nouvelles formes... pas toujours humanoïdes.

Mon ami le Tachikoma

Les Tachikomas, petites merveilles technologiques de tanks au format voiture, sont l'élément le plus positif de la série apportant une fraîcheur et un humour poilant à souhait. Les traits philosophiques des robots avec des voix d'enfants bourrés aux amphétamines rendent tout simplement irrésistibles ces machines polyfonctionnelles. Autour d'eux, la Section 9 prend vie, les personnages secondaires traités sommairement dans les films prennent une plus grande importance mais les quatre personnages principaux restent tout de même Batou, Togusa, le major et le chef Aramaki. Eux quatre sont les piliers de la Section 9 et l'anime insiste lourdement dessus faisant passer le leadership d'un épisode à l'un ou à l'autre sans hésiter à nous en apprendre enfin plus sur leur passé subtilement, c'est-à-dire sans stupides flashbacks. Très plaisant, GITS - SAC se renouvelle et la surprise est présente à chaque nouvel épisode, chacun des personnages ayant un caractère unique et des attributs différents en fonction de son poste. Encore une fois, le seul énorme point noir de l'ensemble reste que le major retrouve le costume ridicule du manga de Shirow, choix contestable et dédié totalement au fan service.

Parallèlement aux scènes d'action bien ficelées, les intrigues géopolitiques complexes et les revirements incessants des décideurs gouvernementaux vont mettre des bâtons dans les roues de la Section 9 animant définitivement plus les missions des agents en place. Ces éléments apparaissent au compte goutte, le spectateur s'immisce difficilement au début mais de mieux en mieux par la suite, à condition d'être attentif car évidemment, Ghost in the Shell - Stand Alone Complex n'a absolument rien à voir avec un anime typé shônen. Etre attentif est de rigueur et il faut presque noter l'ensemble des conclusions des personnages pour avancer avec eux en toute sérénité sans être sûr d'avoir oublié un élément. Complex(e), comme son nom l'indique... Le scénario déjà relativement compliqué devient parfois alambiqué sur quelques uns des premiers épisodes mais le dénouement est clair laissant juste des questions en suspens. L'avancée dans l'anime se fait rapidement, pas question de flashback ou de rappels inutiles en début d'épisode, la plongée est immédiate et profonde.

Graphiquement au top

L'animation du studio IG (Blood the Last Vampire, Jin Rôh...) était attendue pour atteindre un niveau parfait, elle l'est... A l'exception de quelques points comme le rendement de tous les véhicules en mouvement réalisés en 3D, ni ratés ni réussis mais tout simplement bizarres sont l'exception à la règle qui nous montre un chara design respectueux de l'oeuvre originale et remplis de jeu d'ombre et de lumière, coloré à souhait et fluide comme jamais. Un seul changement entre les deux saisons avec une légère correction au niveau du chara design des yeux. S'il n'atteint pas la qualité du film, Stand Alone Complex montre bien que son budget conséquent aide bien à respecter la tradition dans laquelle Ghost in the Shell s'était embarqué : une technique parfaite pour une histoire complexe.

Les ignobles opening et ending mal réalisés donnent envie de jeter la télécommande sur l'écran tellement ils sont affreux d'autant plus que la musique de Yoko Kanno ne s'y accorde pas vraiment alors que dans l'ensemble la sympathique OST électronique (de rigueur) colle particulièrement bien aux scènes d'actions, restant discrète le reste du temps. On appréciera notamment certaines scènes de batailles dynamisées par un fond sonore reprenant les battements de coeur.

Beez met le paquet sur le bonus avec de nombreux suppléments : clips en pagaille, making of, interview de l'équipe ayant travaillé sur le projet et beaucoup d'autres surprises encore...

Un très bon moment de prise de tête bourré d'action et d'intensité avec une pointe de réflexion fait de Stand Alone Complex un modèle du genre. La troisième saison à venir s'annonce grandiose à condition de trouver une nouvelle intrigue de même niveau que la précédente. A noter que les éléments vedettes sont devenus les tachikomas, objets définitivement kawaï qui ont même eu l'honneur d'obtenir 26 OAV de deux minutes pour étaler leurs frasques délirantes. Et oui, Ghost in the Shell pérennise sa notoriété et ce n'est pas prêt d'être terminé...