3.5/10Magic Knight Rayearth

/ Critique - écrit par juro, le 23/07/2005
Notre verdict : 3.5/10 - Le manga (Ecrivez votre critique)

Tags : magic clamp rayearth knight pika manga hikaru

Très en vogue au milieu des années 90, les magical girl ont connu une extrapolation démesurée jusqu'à connaître une évolution vers un univers fantastique avec Magic Knight Rayearth où le destin de trois jeunes filles se retrouve mêlé à celui du sauvetage d'un monde parallèle. Un scénario vu cent fois qui a pour seule originalité son humour ‘made in Clamp' et un développement inattendu au milieu de mecha aux touches kawaï. D'abord parue au format papier, l'intrigue se révèle légèrement différente au format vidéo. Mais après tout, Clamp se vend sous tous supports alors pourquoi s'en priver... voici enfin un manga du studio qui ne fait pas l'unanimité parmi ses fans les plus assidus, ceci est d'autant plus intéressant à étudier.

Mokona & Cie

Magic Knight Rayheart
Magic Knight Rayheart
Lors d'une sortie scolaire à Tokyo, trois jeunes collégiennes aux caractères opposés (Fû, Hikaru et Umi) provenant de collèges différents se retrouvent téléportées dans le monde de Cefiro sans la moindre explication, sachant juste que cet univers est sur le point de connaître un profond revirement à cause du maléfique sorcier Zagat. Celui-ci a enlevé la princesse Emeraude qui essaye bon an mal an de conserver l'équilibre précaire de Cefiro par ses prières. Recueillies par le magicien Clef, elles vont devenir les derniers espoirs en revêtant le rôle des Magic Knights. Mais pour maîtriser la magie et combattre le mal, le chemin est long autant pour les personnages que le lecteur/spectateur...

Le scénario ridicule s'embourbe de plus en plus dans une niaiserie profonde et implicitement volontaire qui ne rend aucunement grâce à l'oeuvre, excepté un humour (niais mais fallait-il le préciser ?) qui se retranscrit sous la forme classique d'un SD sans originalité. Ajoutez-y quelques mecha, un personnage kawaï, des tenues ‘fashion victim', des super pouvoirs super pourris, des combats et des répliques se succédant comme des sédatifs. Aucun intérêt si ce n'est la création d'un univers riche en fantasy. La lassitude guette, surtout que la comparaison à n'importe quel série sentaï (Bioman, etc...), ou même Sailor Moon pour le code des couleurs et la répartition des pouvoirs en fonction, est aisée. A réserver aux fans absolus...

Y a-t-il des filles pour sauver le monde ?

Les personnages sont étiquetés, rabâchés maintes et maintes fois au point d'en deviner leurs actions avant qu'ils ne les entament. Clamp assure heureusement un minimum et délivre un manga possédant un remplissage conséquent... bon, pas toujours à la hauteur de leur potentiel avec des inévitables fonds en fleur mais aussi de magnifiques représentations de paysages originaux. Le chara design est assez facile avec des traits tirés donnant des expressions caricaturales. En dépit de cette convention qui se répète souvent dans les mangas du studio, un personnage star va devenir l'égérie du manga au même titre que Kerberos pour Card Captor Sakura : Mokona, sorte de lapin en peluche exprimant totalement sa joie. Son succès sera tel qu'il sera repris dans la saga XXXholic/Tsubasa Reservoir Chronicle. En 6 volumes, Magic Knight Rayearth se boucle sans émotion particulière, sans convaincre, sans monter quoique ce soit d'intéressant. Du mieux pour l'animation ?

Et bien non ! L'anime se développe sur deux saisons et 49 épisodes avec quelques changements par rapport au manga originel. L'histoire évolue légèrement différent mais après tout vu que le scénario était déjà proprement insipide, le choc psychologique n'a pas lieu. Par contre, l'animation est plutôt bonne, assez fluide mais le chara design accentue les mauvais points du manga en pire, les cils et yeux surdéveloppés ne laissent aucun doute sur le sujet. Les trois coffrets d'IDP aux couleurs des héroïnes sont classiques au niveau du packaging mais bien remplis avec un livret récapitulatif et un superbe artbook. Les dessins préparatoires et certains plans directement retrouvables dans l'anime montrent l'attention d'une adaptation fidèle au style « clampesque ». A noter qu'il existe six OAV sortis chez Kaze.

Magic Knight Rayearth ne restera pas parmi les oeuvres majeures de Clamp dont le nombre de créations ne se compte plus. Présentant toutes les grosses ficelles typiques du genre, ni le manga ni l'anime ne parviennent à mettre une intrigue potable en scène. Le bât blesse au point que la fin totalement ridicule présente des revirements de situation invraisemblables. Mais Clamp a prouvé ses ressources en occultant l'insuccès de cette série par de nombreuses réussites commerciales.