7/10Fullmetal Alchemist - le film

/ Critique - écrit par juro, le 16/05/2006
Notre verdict : 7/10 - Shambalabala (Ecrivez votre critique)

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Succès sous tous les supports, FullMetal Alchemist devait normalement connaître un développement sur pellicule. Les conquérants de Shambala constitue la suite directe de la série, à ce titre il est nécessaire de visionner l'anime avant ce film. Avec une idée de départ intéressante reprenant un postulat de fin largement exploitable, les aventures du duo de frangins utilisant l'alchimie parviennent à être divertissantes l'espace d'un long métrage. S'il n'apporte rien de particulier au genre, il s'inscrit dans un développement marketing logique suffisamment attrayant et intelligent pour ne pas tomber dans la caricature.

Deux mondes, deux portes, deux frères, une union

Deux ans. Edward Elric a traversé la porte, laissant derrière lui son monde pour se retrouver dans le nôtre, en pleine Allemagne de l'entre deux guerres. Atteignant ses dix-huit ans, il travaille désormais avec un jeune homme en tout point semblable à son frère Alphonse pour la construction de fusées. Pouvoirs perdus, seul au monde ou presque, sans possibilité de revenir chez lui et surtout confiné dans un pays rongé par la haine et le désir de vengeance, Ed vit une période instable avec l'espoir secret de revoir son « vrai » frère. De l'autre côté de la porte, Al s'évertue aussi à trouver ce moyen. Mais la société de Thulé aimerait aussi acquérir ces pouvoirs et les méthodes employées seront terribles...

Personne ne sera dépaysé en visionnant le film de FullMetal Alchemist, la quasi-totalité des personnages apparus dans l'oeuvre remontrent leur minois pas forcément sous le même jour. De clin d'oeil en clin d'oeil, Les conquérants de Shambala se rappelle au bon souvenir des spectateurs assidus. Par ailleurs, la toile de fond exposée, à savoir la montée du nazisme en Allemagne et le pouvoir de la société de Thulé, n'est traitée que par brèves tirades. Les méchants ne valent pas ceux du manga ou de l'anime et même si les connotations historiques donnent une valeur supplémentaire à la qualité du film avec l'apparition de personnages réels (Fritz Lang, Hitler...), le scénario s'embourbe parfois dans de grosses ficelles scénaristiques tout en restant cohérent avec l'univers existant. Du coup, le spectateur ne sait sur quel pied danser mais effectue une cabriole devant le déluge d'action si Les conquérants de Shambala est à prendre comme tel. L'effort de proposer un scénario en adéquation avec l'oeuvre originale révèle du tour de force même si certains points restent obscurs...

Action + ésotérisme + Histoire = FMA

La licence a été exploité avec suffisamment de justesse pour parvenir à constituer une suite acceptable. Le film répond à certaines questions restées en suspens à la fin de l'oeuvre (le destin de Glutonny et Wrath, la question Hohenheim, la mémoire d'Al) et des interrogations beaucoup plus suspectes (la résurrection de Roy Mustang). Certaines scènes s'avèrent très bien rythmées et enfoncent le spectateur dans son siège. Cependant, tout n'est pas rose et Les conquérants de Shambala tire sur de grosses ficelles pour tenir en haleine le spectateur, certaines décisions d'Ed demeurant plus ou moins floues. Le dénouement demeure assez rapide (« limite bâclée » diront certains) mais dans sa globalité ce film de Fullmetal Alchemist marque par sa volonté de proposer une vraie intensité. De bonnes intentions pas toujours parfaitement maîtrisées.

Au niveau du traitement de l'image, Fullmetal Alchemist propose les mêmes chara design et animation que la série. Seuls quelques plans 3D de bonne qualité viennent agrémenter l'ensemble pour donner un léger plus. Les BGM sont incisives entre chant tzigane et rock nippon.

La fin laisse place à de nouveaux développements mêlant plus que jamais histoire, ésotérisme et action, un cocktail traité de manière assez convaincante dans Les conquérants de Shambala. La porte est ouverte à un second film pouvant développer encore un peu plus le thème historique devenant fort intéressant. Mais si la licence a été exploité avec parcimonie jusqu'alors, la surenchère ne semble jamais trop éloignée. L'avertissement est lancé...