Qui ne connaît pas Saint Seiya (les Chevaliers du Zodiaque) ? L'oeuvre de Masami Kurumada n'en finit pas de revivre à travers les adaptations télévisées, à l'instar du Phénix, mais comme souvent, à l'origine, il existe un manga. Vingt-huit volumes pour une saga passant en revue les mythologies, l'astronomie, l'astrologie et multiples croyances de tous bords. Intéressant ? Oui, mais ce n'est qu'un détail car ce sont bien les combats de Seiya et de ses compagnons d'armes qui ont forcé l'admiration d'un jeune public dès les années 1980. Un shônen basique mais qui possède un bon nombre de qualités sur lesquels de nombreux autres mangas du même genre prennent exemple aujourd'hui...
« Brûle mon cosmos »

Saint SeiyaJapon, fin du siècle dernier. Dix jeunes orphelins sont recueillis par M. Kido avec un but précis : protéger sa fille Saori, réincarnation de la déesse Athéna. La menace pèse lourdement sur la jeune fille et les jeunes gens vont devoir devenir des gardes du corps d'élite pour pouvoir la défendre du Grand Pope qui a déjà tenté de la tuer alors qu'elle n'était qu'une enfant. Envoyés au quatre coins de la planète, chacun des enfants possède la détermination suffisante pour atteindre le but de conquérir son propre Graal : une armure de bronze et un enseignement pour maîtriser des techniques de combats ancestrales... Après avoir prouvé leurs capacités, les dix nouveaux chevaliers de bronze reviennent disputer un tournoi entre eux pour remporter une armure d'or laissée vacante. Alors qu'ils en décousent entre eux devant une foule immense, l'armure est volée... Seulement, les combats ont fait du petit bois et seul quatre d'entre eux se lancent à la poursuite : Seiya, Shiryu, Hyoga et Shun connus aussi sous le nom de chevalier de Pégase, du Dragon, du Cygne et d'Andromède. Cette union sacrée ne se déliera plus jamais pour les nombreuses aventures face à des ennemis toujours plus forts... Et ce, à travers trois cycles : le Sanctuaire, Poséidon et Hadès.
L'épopée des chevaliers va les emmener dans de multiples aventures pour aller défier les dieux de la Grèce antique. A partir de la légende de l'Hypermythe, Masami Kurumada monte un scénario dans lequel l'astronomie prend une grande place : chaque chevalier est protégé par une constellation et ses attaques y sont généralement associées. Au niveau croyances, c'est essentiellement la fourmillante mythologie grecque qui fournit l'ensemble des personnages au mangaka. L'astrologie intervient plus tard au moment de la prise du Sanctuaire où les chevaliers d'or sont ceux correspondant au douze signes du zodiaque européen. Kurumada est un maître narrateur qui prend un malin plaisir à créer une véritable montée en puissance tout au long de son oeuvre. Et même si le manichéisme et débordant et les scènes réptitives, Saint Seiya conserve une sorte de magie toute particulière.
Non aux caprices des dieux !
Force est de constater que Saint Seiya propose des scénarii répétitifs quelques soient les adversaires. Le schéma consiste très linéairement à défier et se bastonner avec un combattant réputé imbattable. Ce dernier produisant un complexe de supériorité impressionnant, puis dans un premier temps, voir un des quatre chevaliers de bronze se prendre mandale sur mandale avant de retrouver ses forces dans un second temps. La finalité réside souvent dans l'achèvement du chevalier de classe supérieur, celui-ci perdant tous ses moyens devant le courage déployé par celui de classe inférieure, à coups de phrases cultes comme : « brûle mon cosmos » ou « par les météores de Pégase ». La quête des chevaliers de bronze va les amener à exaucer la destinée de Saori/Athéna mais les obstacles se dresseront sans relâche... jusqu'à défier les dieux.
Les personnages ont souvent des caractéristiques semblables : beaux éphèbes aux cheveux longs avec des corps et des têtes parfaites. Leurs caractères sont pourtant bien différents : l'impulsif et forcené Seiya, le sage Shiryu, Hyoga hanté par son passé et les frères Shun et Ikki aux sentiments fraternels aussi puissants qu'ils possèdent un caractère différent. A leur indéfectible courage, s'ajoutent toutes les valeurs communes des shônens (solidarité, amitié, abnégation...). La galerie de créations de Kurumada est sans fin, les personnages charismatiques devenant démentiellement surpuissants. L'attaque du Sanctuaire est sans doute la partie la plus connue du manga et c'est certainement le moment d'excellence du mangaka dans la conception de personnages marquants comme Camus du Verseau, Shura du Capricorne (fuerza Capricorne !) ou encore Milo du Scorpion, si bien qu'un gigantesque marketing s'est organisé autour de l'oeuvre. Sans conteste, les cycles de Poséidon et d'Hadès sont légèrement moins performants après le déferlement de surprises du Sanctuaire et aussi devant la surenchère prise par un scénario sans renouvellement réel. Et à la différence de l'anime, le cycle d'Asgard ne fait pas partie du scénario à proprement parler. On peut aussi regretter la fin légèrement prématurée (quo vadis du combat avec Zeus ?). Peut-être un jour sous forme de film...
Côté dessin, difficile de digérer que les premiers volumes ne ressemblent plus à grand-chose mais le style du manga s'améliore au fur et à mesure, les détails se multiplient, les armures et les personnages deviennent largement plus travaillés. Kurumada progresse sensiblement jusqu'au chapitre sur Hadès mais reste tout de même très moyen dans la constance de son trait. Kurumada insiste d'ailleurs sur les armures en présentant sous plusieurs angles les somptueuses armures qu'il sait si bien représenter. Pourtant, on ne s'ennuie jamais, l'action est omniprésente, les combats restent un modèle pour tous les autres mangas du genre et sans souffrir d'autre faiblesse que les débuts chaotiques du dessin, Saint Seiya reste encore une oeuvre papier très lisible malgré les années passées.
Le manga prend fin après vingt-huit volumes d'intenses combats dont le suspense reste tout de même assez faible. Les inusables chevaliers accèdent à une gloire toute relative dans leur monde au cours du manga mais elle est bien réelle dans le nôtre. Avec son incroyable lot de produits dérivés et ses nombreuses adaptations en anime et longs métrages, Saint Seiya obtient sans cesse une nouvelle jeunesse depuis ses débuts en 1986. Preuve en est, le mythe persiste avec l'épisode G mais ceci est une autre histoire...
juro []

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