8/10Priest

/ Critique - écrit par Djak, le 19/07/2004
Notre verdict : 8/10 - Mémoires d'outre tombe (Ecrivez votre critique)

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Farwest. Le père Ivan Isaak revient à la vie après avoir vendu la moitié de son âme au diable. Possédé et disposant d'une nouvelle force, il se met en quête d'accomplir sa vengeance... tuer l'archange déchu Temosare et ses douze serviteurs. En chemin, à la recherche de Xavilon, le 11ème serviteur de Temosare, Ivan Isaak monté à bord d'un train, va être mêlé à un combat entre les marshalls et des bandits, les Mat Riders, venus délivrer leur chef.

De surprises en surprises

Priest
Priest
Tokebi nous propose avec Priest enfin une très grosse série. Le manhwaga, Min-Woo Hyung frappe en effet très fort avec cette série qui se démarque très nettement de la production habituelle. Priest est ainsi une série qui laisse des traces, dont on se souvient longtemps.
Tout d'abord, l'auteur surprend par le thème choisi. En effet, les mangas et manhwas sous fond de western ne sont pas légion. On pourra tout de même citer
Et Cetera dont l'histoire se déroule elle aussi intégralement dans un le farwest. Mais là s'arrête la comparaison car Priest n'a rien d'un shônen.
Priest se rapproche ainsi plus de Berserk que ce soit dans l'ambiance qui s'en dégage autant que dans la violence de la série. Dès les premières pages l'auteur nous met dans le bain en nous dévoilant une véritable boucherie. Les corps tombent les uns après les autres, Ivan Isaak se révèle être un monstre sanguinaire sans aucune pitié, ni même un zeste d'humanité. Le père est tout aussi cruel que les monstres qu'il occit. De plus, à l'image de Berserk , Min-Woo Hyung ne se contente pas d'aller dans la surenchère de violence et de sang, ce serait trop facile. L'auteur, véritable génie nous concocte un scénario qui, au fil de la lecture, devient de plus en plus compliqué et intriguant. Dès le premier volume on peut se rendre compte que l'auteur apporte une place importante au scénario. « L'attaque du train » où s'entrecroisent deux histoires en est un exemple parfait. Le manhwaga continue alors sur sa lancée et l'intrigue monte en puissance. On s'aperçoit alors que celle-ci est vraiment complexe et que l'histoire du père Ivan Isaak a une importance à l'échelle mondiale et se joue aussi sur différentes époques. Chaque volume est donc un petit bijou et une véritable surprise. L'auteur avec Priest a réussit à créer une histoire intense et d'une grande richesse. En à peine quelques volumes, l'histoire commencée à un rythme d'enfer ne s'arrête plus. On est obligatoirement pris dans la tourmente du pauvre Isaak. Celui-ci, charismatique mais antipathique vu son comportement se révèle au fur et à mesure plus humain qu'on ne le pense. Conjointement à l'histoire principale on en apprend plus sur ce personnage, son passé torturé lié intrinsèquement à Temosare. Le lecteur se sent alors pris rapidement de pitié pour Ivan Isaak et la tragédie qu'est sa vie.

Min-Woo Hyung, outre être un conteur de génie, nous prouve avec Priest son talent de dessinateur. Aux premiers abords, on pourrait croire que le style graphique de l'auteur n'est pas maîtrisé, qu'il a de problèmes avec les rondeurs et les détails. Pourtant, il n'en est rien. En effet, le manhwaga a tout simplement un style particulier. Le dessin de Priest est tout en angles, très carré. Min-Woo Hyung utilise beaucoup les hachures mais surtout les trames sombres, où abonde le noir. Les planches de Priest sont saisissantes de contrastes entre les fonds noirs et Ivan tout de blanc ou inversement. En outre, on s'aperçoit rapidement que les dessins sont loin d'être vide et qu'ils peuvent être très détaillés tout comme certains paysages. L'auteur arrive enfin parfaitement grâce à son style si particulier à donner une atmosphère, une âme, à son oeuvre. Maîtrisé, le trait accentue particulièrement l'ambiance générale qui se dégage de l'histoire. Tout est glauque et lourd, déshumanisé pourrait-on dire. En regardant les images de Priest on a l'impression d'être au coeur de l'enfer.

De son côté, Tokebi propose une édition correcte, avec un respect des couvertures originales. Les trames et surtout l'encrage, perfectibles dans le premier volume sont maintenant plus clairs et lisibles.
Ainsi, avec Priest, Tokebi nous comble complètement. Vivement le prochain volume.