7.5/10Genshiken - le manga

/ Critique - écrit par juro, le 01/08/2007
Notre verdict : 7.5/10 - Otakuland (Ecrivez votre critique)

Tags : genshiken manga club kio tome kurokawa shimoku

Bienvenue chez les otakus dans un manga qui leur est entièrement consacré. Sous culture nippone et rires au programme !

Avis à la populace, le geek et l’otaku ne sont pas méchants, ils ne peuvent juste pas vivre sans leur lot quotidien d’amusement comme tendrait à le faire croire Genshiken. Cette description drolatique de fanatiques de manga, de jeux vidéos et d’animes ferait passer la rédaction de Krinein pour une bande de débutants découvrant les sens du mot « sous-culture ». Et pourquoi que c’est si bien ? Un : parce qu’il sort chez Kurokawa, l’éditeur qui ne vous déçoit jamais (ou presque). Deux : c’est à mourir de rire. Trois : l’anime sorti chez Kaze donnait déjà des moments cultes à visionner. Alors imaginez la version papier…

Otaku-lte !

Kanji Sasahara rentre en première année à l’université. Grand fan de mangas et d’animes, il recherche un club étudiant où il pourrait partager cette passion. Un seul semble lui convenir : le « Club d’Etude de la Culture Visuelle Moderne » aussi appelé Genshiken. Malgré sa timidité maladive, il tente d’en apprendre plus sur les activités proposées par ce club. Il va à la rencontre des adhérents, d’authentiques otakus, qui le piègent et lui font passer un test avant de l’accueillir officiellement. Le jeune homme va alors découvrir un univers où règne la connaissance des mangas et des jeux vidéo, un véritable parcours initiatique à travers la sous culture contemporaine Nippone.

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Genshiken (c) Kurokawa
Les otakus du Genshiken mettent la bonne humeur en place immédiatement à travers leurs frasques pour une culture très particulière : manga, anime, jeux vidéos et cosplay. Ceux qui ont déjà participé à la Japan Expo ou un de ces dérivés savent de quoi il en retourne mais l’effet est multiplié par dix en voyant les membres du Genshiken se tirer la bourre pour obtenir l’objet de leur désir : des fanzines par dizaines mettant leurs personnages préférés dans des situations inattendues. A coup de petites histoires, le manga progresse en découvrant chacun des personnages avec ses complexes, ses passions et sa condition sociale à la fac. Totalement isolé dans leur coin, les otakus vivent entre eux, repliés dans leur local. Mais le manga ne se veut pas descriptif, il donne du fun en mettant aux prises des personnages complètement déjantés comme l’incroyable Madarame ou l’anti-otaku Sakurabe. Et tout ce petit monde développe aussi bien des références pointues à la sous-culture Nippone (difficile d’accès pour le non-initié) que des disputes à mourir de rire.

Club d’étude de la culture visuelle moderne

Une bonne dose de rires renouvelée sans cesse à travers un ton absurde des plus amusants fait de Genshiken un manga qu’on aime avoir entre les mains. Cependant, les points négatifs sont aussi visibles que ses qualités. Outre ses références fermées (généreusement expliquées par l’éditeur), on a parfois l’impression de tourner en rond et que l’intrigue est peu ou prou inexistante. Chaque nouveau chapitre pourrait presque être indépendant du précédent sans qu’il y ait de réelles avancées. Le manga s’axe autour des relations entre les personnages en tentant de décrocher le bon gag et d’événements comme les « fanfestivals ». L’essentiel (et même plus) est largement assuré à la lecture du manga…

Shimoku Kio participe activement à ce succès grâce son dessin travaillé mettant en valeur ses personnages grandement détaillés et expressifs. Ceux-ci évoluent dans un paysage culturel bien rempli. Le SD n’est pas en reste et on prend du plaisir visuel à voir évoluer les otakus plonger dans des foules innombrables ou se délecter de leurs dernières acquisitions coûteuses. L’exagération continuelle de leurs comportements permet au mangaka de s’illustrer tout un lot de références parallèles, de Card Captor Sakura à Gundam.

Le manga de Genshiken se révèle supérieur à l’anime. Les fans ne le prendront pas mal et se permettront de rire de frasques de personnages hauts en couleur, parfois représentatifs de comportements en qualification avec le stéréotype d’otaku. Mais avec un regard lucide, peu pourront se vanter d’atteindre un point de non-retour qui porte le nom de Madarame.