7/10MÄR - le manga

/ Critique - écrit par Djak, le 20/08/2005
Notre verdict : 7/10 - Et ça repart. (Ecrivez votre critique)

Tags : mar tome ginta manga arm anzai nobuyuki

Alors que Flame Of Recca se termine bientôt chez Tonkam, Kana a la riche idée de sortir simultanément les deux premiers tomes de MÄR (Marchen Awaken Romance), la nouvelle série toujours en cours de au Japon de Nobuyuki Anzai.
Une fois encore, l'histoire met en scène un jeune écolier plutôt paumé. Ici notre héros, Ginta, est mauvais en classe, petit, chétif et surtout la fâcheuse tendance de rêver tout le temps d'un monde féerique. Forcément, ses rêves remplis d'aventures, de princesses et de monstres lui valent d'être la risée de l'école. Pourtant, un jour, notre jeune héros/looser se retrouve téléporter dans le monde de ses rêves ! Avec de l'aide et beaucoup de chance, Ginta arrive à s'emparer de Babbo, un « Arm » très rare qui a entre autre la particularité d'être vivant et de parler. Au fur et à mesure de la découverte de ce nouveau monde, Ginta va vite comprendre que son apparition n'est pas fortuite mais surtout que ces terres qu'il arpente ne sont pas si féeriques qu'il n'y parait.

MÄR
MÄR
Attention lecteur, vous l'aurez compris, MÄR est un shônen typique par excellence. Si vous êtes allergique au genre passez votre chemin. Autrement, n'hésitez pas à poursuivre la lecture de cette critique et pourquoi pas plus tard donc à parcourir le monde de MÄR.
Zappons l'introduction proposée par le mangaka qui en quelques pages rassemblent toutes les maladresses et clichés du shônen. C'est simple, on a l'impression vu le niveau de l'amorce de l'intrigue, que le mangaka lui-même n'a pas voulu s'embarrasser de celle-ci et à donc tout bonnement décidé de la torcher histoire de rentrer de suite dans le vif su sujet. Admettons que dans un sens c'est mieux ainsi car à la vue des premiers volumes laborieux de FOR on aurait eu une fois de plus de grande chance d'arrêter la lecture trop vite.
Direction quelques soixante pages plus loin donc. Ginta a débarqué dans le monde de ses rêves. Au menu du jour : parodie de contes de fées en entrée, de l'heroic fantasy en plat de résistance, pour terminer par un léger dessert assaisonné façon jeu vidéo. Bref, un gros melting-pot de ce que l'on a déjà pu voir ou entendre sur la fantasy. Rien de bien original à première vue, pourtant rare sont les auteurs japonais édités en France à nous proposer un shônen dans un monde médiéval fantastique. A ce sujet dommage car le résultat ici n'est pas mauvais (on va y revenir) et il serait bon de voir débarquer en Gaule quelques manga du même genre tiré du catalogue de Square-Enix (pour ne citer qu'eux), voir même quelques séries adaptées de licences de jeux vidéos à succès (Final Fantasy, la série des Tales Of, Dragon Quest...).

Enfin, revenons à nos moutons, où plutôt à nos fées et MÄR. Le manga est bourré de petits clins d'oeil faisant allusion aux contes pour enfants et apportent une touche humoristique et fraîche à la série. En outre, Nobuyuki Anzai n'est pas complètement fainéant et faute d'avoir imaginé une intro digne de ce nom, offre tout de même dans MÄR une pointe d'originalité en la présence des « Arms » : des bijoux pouvant grandir et se transformer en arme, objet ou invocation. Certes, je vous l'accorde, ça sent le plat réchauffé à plein nez et en particulier les « matérias » de FFVII. Toutefois, les « Arms » apportent une touche originale au manga. Le mangaka n'a apparemment aucune limite concernant leur forme (en prenant les extrêmes des deux premiers volumes on a le droit à une pelle de combat et à un golem gigantesque). Mention spéciale donc pour Babbo que l'auteur a plus particulièrement travaillé. Normal me direz-vous, car Babbo est sans nul doute, hormis le héros, le personnage principal de l'histoire. D'une part, on comprend de suite qu'il est un « Arm » spécial étant donné qu'il est vivant et parle. En outre, dès les premiers volumes le mangaka nous laisse entendre que le passé de Babbo est capital. Enfin, Nobuyuki Anzai a parfaitement réussi à rendre le personnage de Babbo intéressant par son caractère et sa personnalité. Imaginez un bilboquet géant (d'après Ginta, Babbo ressemblerait à un bilboquet) qui se prendrait pour un chevalier. Mais attention pas un chevalier de pacotille, un vrai avec tout ce qui va avec, c'est-à-dire : un sens de l'honneur et de la justice exacerbé, une haute opinion de sa personne ou encore un langage soutenu ! Effets hilarants et gags à gogo garantis. Ainsi, là est vraiment LA bonne idée du mangaka qui lui apporte ce petit plus qui fait qu'on choisira ce titre plutôt que la pléthore de nouveaux shônens disponibles.
Enfin notons que Nobuyuki Anzai ne s'est tout de même pas arrêté là. Dès la fin du volume 02, la trame principale est mise en place et se dévoile alors le groupe ennemi à abattre tout comme quelques alliés de Ginta et Babbo. Rien d'original une fois de plus, mais saluons l'effort fait sur les designs des personnages plutôt exotiques contrairement à leurs visages rappelant malheureusement trop ceux de Flame Of Recca.

Côté dessin, Nobuyuki Anzai propose un travail a peu près équivalent à celui des derniers volumes de FOR. Son trait n'a donc pas grandement évolué. On remarquera tout de même une certaine ressemblance entre le héros Ginta et Cloud de FFVII. Si l'auteur n'atteint pas encore la qualité de Oda-senseï concernant les décors, ceux-ci sont tout de même fouillés et rendent bien la richesse et l'exotisme du monde de MÄR. Idem pour tous les personnages peuplant ce petit monde. Pour finir, MÄR se situe niveau édition dans la moyenne des titres de Kana. Aucune grosse faute à signaler. Pour ce prix, autant ne pas se priver.