5.5/10Lamu (Urusei Yatsura)

/ Critique - écrit par weirdkorn, le 01/06/2005
Notre verdict : 5.5/10 - La mue : un manga à plusieurs couches (Ecrivez votre critique)

Quand les éditeurs n'ont plus rien à proposer, voilà qu'ils nous ressortent des anciennes séries de mangaka célèbres. L'idée est intéressante mais encore faut-il que le manga le soit aussi parce qu'il peut très vite vieillir, ainsi que le style de son auteur. Voilà donc Glénat qui nous publie Lamu, une des premières oeuvres de Rumiko Takahashi, aujourd'hui mondialement réputée grâce au succès de Maison Ikkoku (Juliette je t'aime), Ranma ½ et aujourd'hui Inu Yasha. La mangaka est passée maître dans le shônen lycéen humoristique et l'on s'aperçoit que son talent ne s'est pas fait en un jour.

Lamu
Lamu
En 1978, ses premières planches de Lamu (Urusei Yatsura en japonais) parurent dans le journal Shônen Sunday et l'on peut se demander aujourd'hui pourquoi cela a marché tant le résultat est médiocre. Lamu raconte l'histoire d'Ataru Moroboshi, un jeune lycéen qui a la particularité d'attirer les malheurs. Ainsi, un ogre extraterrestre débarque chez lui, exigeant de l'étudiant qu'il attrape Lamu, sa fille. Si ce contrat n'est pas rempli, les grands hommes à cornes conquerront la Terre. Il va évidemment réussir et la jolie ogresse voudra finalement se marier avec lui. S'ensuivent alors nombre de petites histoires inintéressantes et tout autant délirantes. Toutefois, ce constat vaut principalement pour le premier volume puisque les saynètes sont d'une bien meilleure qualité au fur et à mesure que la série progresse et alors que les premières pages ne prêtaient absolument pas à sourire, ce n'est plus le cas de la suite.

Si la série a eu du succès en premier lieu, cela n'est dû qu'à un seul facteur : Lamu et son fameux bikini tigré. Quand une fille se ballade à moitié à poil et se jette sur tout ce qui bouge durant tout le volume, cela attire forcément un certain public. Pourtant les dessins sont assez laids et grossiers, loin d'Inu Yasha ou des derniers volumes de Ranma. Il n'empêche que cela reste une sorte de Love Hina avant l'heure et que les filles dénudées représentent toujours un marché porteur. Et encore une fois, le trait s'améliore à mesure que l'histoire passe, tout comme le comportement de chacun et c'est tout le manga que se trouve tiré vers le haut.

Assez bizarrement, Lamu aurait pu être autrement séduisant. Quand on le compare à Ranma, on constate que tous les éléments et personnages y sont plus ou moins similaires. On retrouve un vieux rabougri insupportable, une fille au caractère bien trempé et même un homme qui se change en animal. L'humour reste dans la même veine, très décalé et répétitif. Mais cette fois-ci cela ne prend que rarement, Ranma étant pourtant mon manga comique préféré. Lamu est ainsi une sorte d'essai primitif de ce que Rumiko Takahashi cherchait à accomplir et seuls les collectionneurs de ses oeuvres y trouveront leur compte. Le très petit format bunko choisi par Glénat n'aidera pas non plus à accrocher.

Si vous ne connaissez pas le travail de Rumiko Takahashi, je vous conseille de commencer par lire Ranma ½. Il y a de fortes chances pour que rigoliez (et c'est encore peu dire). Lamu, qui a connu son heure de gloire en France sous sa forme animée lors de son passage au Club Dorothée, est d'un nouveau inégal. Mieux vaut ne pas regarder le premier volume, franchement mauvais, pour s'intéresser aux suivants qui sont d'une qualité tout à fait correcte.