3/10Kurosagi, livraison de cadavres

/ Critique - écrit par juro, le 15/11/2006
Notre verdict : 3/10 - Mort et enterré (Ecrivez votre critique)

Tags : kurosagi cadavres livraison tome otsuka yamazaki eiji

La petite tête un brin déjantée de Eiji Otsuka est à l'origine de scénario sanguinolent quelque soit le dessinateur qui l'accompagne. Sanguinolent à souhait au point de vous dégoter des manger des fruits rouges durant deux semaines. Oui, mais voilà, à force d'accumuler les bons débuts et des suites beaucoup moins glorieuses, le scénariste commence à traîner des casseroles derrière lui, laissant des oeuvres décevantes ou se dispersant trop. Le petit glauque prend une nouvelle fois forme avec Kurosagi, livraison de cadavres et cette fois-ci, ô surprise tout est... mauvais, ou presque. Eiji Otsuka a crée un Mortal Manga. Finsih him !

Le cadavre non exquis

Kurosagi
Kurosagi
Sasaki, Karatsu, Numata, Yata et Makino sont tous étudiants en 4e année dans une université bouddhiste. Ils font également partie d'une amicale un peu spéciale qui aide la police locale à ramasser des cadavres en forêt... À cette occasion, Karatsu, le dernier venu, découvre avec étonnement les compétences particulières de ses compagnons : Numata est médium et repère les cadavres grâce à son pendule, Yata communique avec les extraterrestres par l'intermédiaire de sa marionnette, Makino n'a pas son pareil pour embaumer un corps et le rendre présentable et Sasaki adore photographier les morts avant de les exposer sur Internet... Pas en reste, Karatsu avouera à ses camarades qu'il possède lui aussi un don : il peut communiquer avec les esprits défunts. L'occasion d'associer tous ces talents complémentaires pour satisfaire les dernières volontés de certains esprits et récolter, en fonction des circonstances, de singulières récompenses...

Entre deux tomes de MPD-Psycho, Eiji Otsuka a trouvé le temps de griffonner sur un bout de papier les histoires courtes composant Kurosagi. Histoires courtes sans autres intérêt que de présenter les pires horreurs aux yeux de chacun sans complaisance ni aucun attrait. C'est bien simple, le manga ne soulève pas les foules et pour cause ! Les scénarios ne font qu'effeuiller le pire des syndromes déviants (suicide, meurtre...) sans approfondir le moins du monde, rendant une pâle copie des oeuvres précédentes de la bibliographie d'Otsuka. Les personnages atteignent un degré de ridicule inimaginable avec Yata et sa marionnette connectée aux extra-terrestres, les autres peu glorieux ne pouvant se révéler que « meilleurs »... Le reste vogue dans l'a peu près raté, en restant surprenant devant la mise en scène gore des enquêtes mais profondément inintéressant et lassant sur le long terme. Les défauts des scénarios d'Otsuka sont irréversibles et se répètent de manga en manga...

La chasse aux cadavres

Avec un peu d'humour pour relever le tout, Kurosagi perd encore plus de sa dimension terrifiante et froide comme pouvait le laisser supposer celle du détective schizophrène ou fantastique avec Léviathan. Ici, le manga se cherche entre blagounettes de mauvais goût et gags risibles. Comme convenu, l'ensemble fait des morts... à la lecture. Le manga déçoit sans cesse, sans créer un rapport avec son groupe de personnages, se content de rester sur ses acquis de bases. Bref, il ne se passe rien ou presque. Désappointant, voire désopilant au second degré.

Et côté dessin, on atteint le pompon. Hosui Yamazaki profite de la notoriété du scénariste pour imposer un style graphique simple et épuré. Ou simpliste et trop épuré. Manquant cruellement de détails, créant des personnages principaux sans charisme mais très typés et fashion à tendance gothique (forcément), les chasseurs de cadavres ne présentent aucun intérêt visuel particulier. Le remplissage demeure sommaire, le découpage reste adapté au genre mais Kurosagi n'imprime pas la moindre émotion sur ce point.

La collection Senpai de Pika ne cesse de s'enfoncer toujours plus bas dans l'avilissement au point qu'il devient de plus en plus difficile de s'y intéresser. Kurosagi est l'exemple type de ce genre d'oeuvre réalisée sur la trame d'un MPD-Psycho mais qui n'en est que le fantôme papier. D'ailleurs question papier, la jaquette en papier recyclable mérite le Razzie Award de sa catégorie...