4/10Japan

/ Critique - écrit par juro, le 09/12/2005
Notre verdict : 4/10 - Japoniais (Ecrivez votre critique)

Tags : japon japan tokyo japonais iles kyushu monde

Les nippons portent parfois un regard autocentrés sur leur condition géographique, perdus sur une île de tous les dangers à tel point que les oeuvres à propos d'un pays détruit constitue tout un pan de leur littérature sous le terme de cyberpunk. Le manga n'a pas échappé au genre et si les oeuvres les plus connus ont été encensés, comme Akira, le déchet n'est pas loin de tomber aussi dans la facilité avec des oeuvres bien plus légères, voire bâclées. Eiji Ôtsuka (MPD Psycho, Leviathan) et Mami Ito (Pilgrim Jäger) sont les coupables de Japan, typiquement centré sur l'univers cyberpunk nippon de base et qui ne parvient pas à se dépatouiller des mauvaises ressemblances avec tout un tas de mangas parus.

Apatride

L'exil était leur dernière solution et la diaspora fut inévitable. Consacré comme un peuple à éliminer où qu'ils aillent, les derniers nippons ne sont plus qu'une poignée, considérés comme des sous-hommes et traqués. Seul subsiste un dernier espoir en la personne du descendant du dernier empereur connu. Le seul problème c'est que Higan Oê ne sait pas qu'il est cet homme et qu'il n'y a jamais été préparé... Autour de lui gravite un lot de personnages prêts à tout pour atteindre leur objectif, même finir le génocide...

Dans ce monde cyberpunk, les intrigues politiques et les complots se mêlent aux histoires de coeur créant un gigantesque méli-mélo improbable et rapidement saoulant. Œuvre de jeunesse du scénariste à la mode Eiji Ôtsuka, Japan constitue un bref coup d'essai dans le monde du manga, un coup d'épée dans l'eau tellement le scénario sent le rabâchage ainsi que la reprise de situations maintes fois usitées. La faiblesse du scénario s'illustre par le fait de remanier un classicisme extravagant de manque d'originalité, à savoir l'existence d'une lignée royale presque éteinte, un complot mondial, une quête pour découvrir son destin... Absolument rien de novateur ni dans la narration ni dans le traitement qui fait de Japan un manga bien basique et sans consistance.

Trilogie, part I

Japan est la première partie d'une trilogie entamé par Ôstuka sur les villes repliées sur elles-mêmes. Pour aucune des trois parties, le succès n'a été au rendez-vous. Et pourtant Kana a eu le courage de sortir ce manga, profitant du nom de son scénariste. Les lacunes scénaristiques dont fait preuve Ôstuka dans ces oeuvres se retrouvent une nouvelle fois dans Japan qui, après un début correct, part véritablement dans tous les sens sans fil rouge réel. Le scénario se perd, s'oublie puis devient aussi simpliste qu'inintéressant. Les personnages correspondent presque aux stéréotypes du shônen et avec une pointe de fan service en plus, le manga en devient risible par instant. Malgré tout, avec une dose infinie de bonne volonté, le lecteur s'armera de patience pour trouver un quelconque rebondissement qui ne viendra pas au travers des trois volumes. Magnifiquement plat.

Quelconque pourrait aussi qualifier le trait de Mami Ito. Avec des personnages sans originalité et pas franchement attrayants, la mangaka ne relève pas le niveau et donne des arguments pour ne pas se forcer à lire Japan. Le dessin emprunte au shôjo ces caractéristiques communes pour les réutiliser sans amélioration : personnages top modèles au visage carré ou en ‘V', grands yeux qui louchent, texture de cheveux impeccable (tiens, un compliment !), remplissage inexistant ou primaire. De plus, les problèmes de proportion se multiplient laissant une vague impression de bâclage sur certaines cases. Heureusement, quelques effets de style agrémentés de touches pointilleuses aux décors permettent de faire passer la pilule plus ou moins agréablement. Pilule immédiatement recrachée lors du constat intransigeant que l'édition de Kana mange des bouts de phrases en fin de page.

Une oeuvre inachevée au troisième volume devant le peu de succès (justifié) rencontré. Par son manque de qualités flagrant, Japan ne réussit pas s'imposer et trouver une place dans l'univers cyberpunk bien fourni de la bande dessinée nippone. Trop moyen sur tous les points, Japan ne parvient pas à décoller et se termine en queue de poisson, laissant une mauvaise impression sur l'ensemble.