Glénat - Pandemonia, Ruridragon et Oldman
Manga / Critique - écrit par Canette Ultra, le 06/03/2026Des héroïnes de haut vol chez Glénat
Oldman -Tome 1 - 8/10
Après Baby, Chang Sheng est là pour nous plonger dans un nouvel univers qui a tout du conte de fée. Pas celui où l'on chante gaiement et où les personnages sont mignons. Nous sommes dans le conte sanglant et sombre. En même temps, Baby n'était pas une balade post-apocalyptique toute rose. Qu'allons-nous donc avoir dans Oldman ?
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Nous allons suivre un trio énigmatique mené par Billy Oldman. Le vieil homme qui croupissait en prison pour avoir visiblement offensé la reine, est parvenu à s'échapper dans le but de faire payer à cette reine le prix de sa beauté et de sa jeunesse éternelle. Beauté et jeunesse qui n'ont d'égal que sa cruauté et c'est d'ailleurs ainsi que Billy va rencontrer une prisonnière (Rebecca) qui a également des comptes à régler puisqu'elle a été démembrée car son talent au combat semblait faire de l'ombre à la reine. Et comme nous sommes dans un manga de Chang Sheng et que je vous ai parlé de trio, nos deux ex-prisonniers seront rejoints par Wilson, un anatomiste aussi doué avec les automates qu'il est pervers. Ce génie fantasque va donc réparer Rebecca et lui donner des membres surpuissants. On reconnaît bien là Chang Sheng et Rebecca rappellera un peu Elisa de Baby pour se côté femme/robot surpuissant.
L'histoire est sympathique et nous allons découvrir le pourquoi du comment de la quête de Billy Oldman dans ce tome. Comment ce vieil homme passionné d'illusion et de magie va se retrouver la cible de la reine. Il y a un côté magie et conte de fée avec les illusions, les pouvoirs et une méchante reine prête à tout pour rester jeune.
Visuellement, c'est du grand art. Rien à redire, on sent le soucis du détail, les traits sont superbes et quand on voit le travail fait sur Rebecca, on se dit qu'en fait le personnage de Wilson est un peu une version de Chang Sheng dans le manga. Les deux hommes aimant les belles femmes et montrer leur puissance. Si je devais reprocher une chose à Oldman visuellement, ce serait dans les scènes d'action où les actions des personnages sont classes mais sans véritable logique comme si prendre la pose l'emportait sur la fluidité, la chorégraphie de combat. Ce qui est dommage car avec Rebecca qui privilégie les coups de pied, il y avait la possibilité d'avoir de beaux enchaînements fluides et aériens sans avoir à se compliquer la vie.
Malgré ce petit reproche, Oldman est une histoire prenante, superbement illustré (les dessins préparatoires et couvertures de chapitres sont excellents) et j'ai hâte découvrir comment ce "conte" va se terminer. Aurons-nous un "et ils vécurent heureux…" ?
La Guilde Marchande de Pandemonia - 7/10
Autre nouveauté de chez Glénat, Pandemonia arrive et compte bien bousculer un peu la vie des héros ! On connaît la chanson en général, des bestioles menées par une grosse bestiole sème la terreur dans un bled, des héros arrivent, réduisent la menace à néant et la vie est belle. Et si tout ça n'était pas si bien ? Et s'il existait une autre voie ?
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C'est toute l'idée de Pandemonia de Kachou Hashimoto. Nous découvrons ainsi Lucciola Lunatria, héroïne de son état, qui va découvrir que buter des monstres n'est pas la solution. Elle découvre cela après un échec qui la mène dans les bras de la guilde marchande et au travers de l'un de ses meilleurs agent, Bilkis Draco, elle découvre que les "monstres" ont en fait une vie, des amis et davantage à nous offrir si on apprend à les connaître pour négocier une paix commerciale qui apportera ressources pour tout le monde et du progrès.
Une idée rigolote qui m'a rappelé un manga qui mise aussi sur la collaboration hommes/monstres : Beast King and Medicinal Herb. Cette idée que les monstres peuvent être des alliés et que finalement, parfois les véritables monstres ne sont pas ce que l'on croyait. Un récit sympathique et plein de vie où l'on voit notre héroïne ouvrir les yeux sur de nouvelles possibilités et une autre façon de vivre qui servirait véritablement la paix et le bonheur de tous.
Visuellement, c'est tout aussi sympathique avec des dessins plein de vie et un soucis des costumes et accessoires qui m'a bien plu. Le genre de manga parfait pour être de bon humeur et avoir l'esprit ouvert.
Ruridragon 3 - 7.5/10
Puisque l'on parle d'ouverture d'esprit, attaquons nous au troisième tome de Ruridragon ! Masaoki Shindo n'a pas fini de nous narrer les transformation de l'adolescence de Ruri et c'est vrai que pour notre héroïne, ce n'est pas qu'une histoire de croissance ou de poitrine qui pousse puisqu'elle est à moitié dragon !
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C'est l'occassion de voir puissance 1000, ce qui peut gravite autour de la différence et dans le cas de Ruri, nous verrons quelques nouvelles capacités mais surtout comment le regard de certains élèves ne sont pas aussi enthousiastes qu'elle l'imaginait. Nous aurons même quelques passages un peu dur notamment autour des cornes de notre héroïne. Un moment qui m'a rappelé certains moments de l'enfance de Hellboy même si Ruri vit dans un milieu plus bienveillant et gentil au final.
Au final, un bel hymne à l'amitié, à la tolérance et à l'acceptation. Il sera intéressant de voir grandir les rapports entre Ruri et Maeda que tout semblait opposer.
Visuellement, Ruridragon est toujours vif et à l'image positive de notre héroïne qui ne cesse pas de grandir sous nos yeux.