8/10Cross Game

/ Critique - écrit par juro, le 20/09/2007
Notre verdict : 8/10 - Une bonne base (Ecrivez votre critique)

Tags : game cross adachi mitsuru manga tonkam tome

Une des plus récentes parutions du maître Adachi. Et devinez quoi, ça parle de base-ball. Forcément, le parallèle avec Touch saute aux yeux...

Mitsuru Adachi a crée une pléiade d’excellents titres en s’attribuant largement une grande part des plus beaux succès dans le genre de la comédie romantique sportive avec un humour très développé et percutant. Au panthéon d’entre elles demeure Touch. Alors l’auteur se serait-il fourvoyé en tentant de nous replacer quelques uns des éléments de son manga phare dans Cross Game, un autre titre ayant pour cadre le base-ball et la disparition d’un être cher. Mais pas de pâle copie, une autre version des rapports entre adolescents made in Adachi !

Home run

Les familles Kitamura, qui tient un magasin de sport, et Tsukishima, qui tient une batterie de baseball, sont très proches. Et c’est encore plus vrai pour leurs enfants. Wakaba est d’ailleurs celle des quatre filles Tsukishima a s’entendre le mieux avec Kou Kitamura. Ce dernier ne prend rien au sérieux, si ce n’est réussir à vendre du matériel de sport à ses amis pour se faire de l’argent de poche. Pourtant, pour plaire à Wakaba, beaucoup de choses peuvent évoluer… du moins jusqu’au drame qui changera à tout jamais la vie de Kou !

Cross Game (c) Tonkam
Cross Game (c) Tonkam
Les principaux ingrédients de Touch mis en place dès le premier volume confèrent immédiatement une aura lumineuse à Cross Game. Les personnages au caractère similaire à peu de choses près aussi. Le base-ball apparaît tout aussi présent mais plutôt par bribes que par match entier à en croire les premiers volumes. L’équivalent de Tatsuya se nomme Kou, celui de Minami est incarné par Wakaba. La même recette pourrait-on dire. Alors resucée ou pas ? Non, non et non. Derrière les non-dits de l’événement marquant du premier volume chamboulant toute l’intrigue, le manga se révèle particulièrement dur en ressassant le souvenir d’un être perdu. Et tout se trouve dépeuplé. Les rapports entre adolescents évoluent au détour de petites histoires toutes imbriquées pour faire progresser l’intrigue sans qu’on ne s’en rende compte. Le même procédé que Touch mais avec des répercussions différentes. Là où les personnages se trouvaient rapprochés, une barrière insurmontable semble s’être créer ici. Les protagonistes comme les seconds couteaux se cachent derrière un masque lors des dialogues possédant une bonne dose d’humour et d’émotion. Que du bon.

Safe

Kou, Wakaba et les autres se trouvent souvent embringués dans des situations tout à fait drolatiques et cocasses que seul Adachi sait déverser avec autant de maestria. L’amour et ses petites contrariétés, le succès sportif et ses nombreux rebondissements, les relations familiales déjantés, le refoulement des sentiments... Tout ce qui a toujours (ou presque) composé un manga du maître se retrouve condensé en l’espace de quelques pages. Avec l’impression de vivre une nouvelle aventure pleines de situations à la fois déjà-vu et renouvelées. Cette sensation étrange est renforcée par le character design propre à l’auteur qui ne se force pour innover des masses en recréant un groupe de personnages piochés dans ses précédentes œuvres.

Le dessin clair et épuré du mangaka, marque de fabrique déposé depuis ses nombreux succès, trouve à nouveau preneur. Ce n’est pas tant sa manière de dessiner des personnages simples à première vue mais plutôt la manière dont il sait découper ses œuvres qui le rend terriblement subtil aux yeux des fervents lecteurs qui s’en délectent. Les expressions à contre-courant des paroles dans le but de faire rire donnent toujours ce point si positif à Adachi qu’on retombe sous le charme sans penser s’être fait escroqué le moins du monde.

Cross Game s’adresse aux amateurs de mangas bien construits. Toujours en cours au Japon, il s’avère difficile d’établir un pronostic sur la qualité des débats par la suite mais on peut faire confiance au mangaka pour se montrer explicite et trouver de nouvelles pirouettes pour développer une histoire partie sur les meilleures bases.