7/10La Colline aux coquelicots

/ Critique - écrit par OuRs256, le 21/01/2012
Notre verdict : 7/10 - A fleur de peau. (Ecrivez votre critique)

Tags : film colline ghibli coquelicots miyazaki studio umi

Avant d'être le dernier long-métrage en date des studios Ghibli, La Colline aux coquelicots était un shôjo en deux volumes de Chizuru Takahashi et Tetsuro Sayama que les éditions Delcourt (Akata) ont décidé de réunir en un stand alone assez massif !

La Colline aux coquelicots
Des dessins old school.Umi (surnommée Mer, en français dans le texte s'il vous plaît !) est une jeune lycéenne dans la fleur de l'âge (elle a 16 ans). Elle attend le retour (assez improbable) de son père, disparu en mer. Pour marquer sa détermination, chaque matin, elle réalise la cérémonie des drapeaux (à laquelle les membres de sa famille ont un peu de mal à participer...). La jeune fille vit en effet dans la maison familiale avec sa soeur, son frère, sa grand-mère et sa mère (quand elle est là), sur la colline aux coquelicots, gigantesque bâtisse dont certaines chambres sont sous-louées à des étudiants. Parmi eux se trouve le beau Hokuto, un étudiant vétérinaire pour qui Umi en pince depuis longtemps. Le souci, c'est que lui, il ne la considère que comme sa petite soeur. Il n'y a pas d'amour dans l'air malgré tous les efforts de la jeune fille... La jeune Umi n'a d'ailleurs pas le temps de souffler qu'elle se retrouve prise malgré elle dans la polémique concernant le port de l'uniforme au lycée. Ce débat arrivé comme un cheveu sur la soupe oppose deux très bons amis : Kazama et Mizunuma. Quels sont les véritables enjeux de ce débat ? Comment évolueront les problèmes de coeur d'Umi ? Telles sont lignes directrices de ce pavé de 320 pages !

Le premier contact avec le manga est assez étonnant. Le graphisme a... vieilli, beaucoup vieilli. Les caractéristiques du genre shôjo sont toujours là : grands yeux, petites fleurs, sentiments... tout y est et le manga suit scrupuleusement les codes du genre. Le tout s'avère tout de même très très très vide et les décors consistent souvent en quelques coups de crayon. Les personnages secondaires sont très caricaturaux et il est parfois difficile de faire la différence entre certains des personnages principaux (on confond souvent la mère d'Umi et Kinta, mais aussi Umi et sa soeur). Malgré ça, on se prend assez rapidement au jeu et Umi reste un personnage très attachant. L'intrigue principale est traitée très lentement, ce qui laisse le temps à l'auteur pour poser les sentiments d'Umi et de bien les travailler.

Puisque le film est sorti et que je l'ai vu, une comparaison était inévitable. L'aspect graphique premièrement. La patte Ghibli donne un tout autre genre au titre. Du shôjo assumé, on passe à un film tout public, loin des clichés du genre. Le changement est radical et je dois avouer que j'ai eu un peu de mal au départ avec le graphisme de la version papier. Un autre changement qui m'a un peu choqué, c'est le scénario. Même si la ligne directrice a été conservée dans son intégralité (à savoir la relation entre Umi et Kazama), un grand nombre de détails a été complètement retravaillé. Dans le film d'animation, la polémique n'est plus centrée sur le port de l'uniforme mais la rénovation du foyer des clubs du lycée. Ce petit détail change d'ailleurs énormément la donne. S'il suffit d'un petit moment pour s'adapter au changement de graphisme entre les deux oeuvres, il est vraiment très dur de ne pas retrouver le foyer des clubs, un endroit vraiment attachant dans le film, lorsque l'on se met à lire le manga. On notera d'ailleurs que la polémique de l'uniforme est traitée assez rapidement (dans les 100 premières pages) dans l'oeuvre papier alors que dans le film, le remue-ménage autour du foyer est l'un des deux thèmes principaux de l'histoire et sa trame dure du début à la fin.

C'est véritablement en lisant le manga que l'on se rend compte du travail réalisé sur le scénario par Ghibli. Non content d'ajouter un plus non négligeable à l'oeuvre, ce changement permet de lui donner une toute nouvelle dimension. Moins percutante, moins "grand public", la version papier de La Colline aux coquelicots vous plaira tout de même si vous avez apprécié la version animée. Amatrices du genre, les graphismes old-school pourront peut-être vous rebuter, mais il serait dommage de passer à côté d'un tel cas d'école du shôjo.