4/10Castlevania - le manga

/ Critique - écrit par juro, le 09/02/2008
Notre verdict : 4/10 - Le comte n'est pas bon (Ecrivez votre critique)

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Une adaptation c'est toujours compliqué. Mieux vaut prendre des pincettes lorsqu'on est un jeune mangaka qui a besoin de manger de peur de se casser les dents professionnellement. En voici un exemple...

La tradition de l'adaptation n'a pas échappé aux sagas de jeux vidéo à succès : on ne compte plus le nombre de ratés en la matière souvent du à un boulet nommé cahier des charges où les auteurs doivent se dépatouiller d'un tas de contraintes tout en rendant leur scénario acceptable. Impossible. A ce petit jeu, Kou Sasakura montre ses limites à reprendre un univers aussi important que Castlevania. Et même si l'adaptation possède ses bons côtés, on mesure son enthousiasme à la lecture...

Le vampire et moi

Castlevania
Castlevania
Au Moyen-Âge, l'alchimie est l'étude de la transformation des matières. Les alchimistes voulaient transformer du gaz en métal précieux, l'esprit en corps vivant. Cette étude a attiré quantité d'alchimistes. Dans le même temps, dans un endroit obscur, une autre étude est tout autant pratiquée, « l'Alchimie démoniaque », une technique de création d'un démon par une force magique. Deux personnes maîtrisent cette technique, Isaac et Hector.

Deux volumes pour relater le préquel Castlevania : Curse of Darkness. Sans aucun doute, pas le meilleur de la série. Pour les amateurs de la saga, on reste immédiatement sur sa faim en sachant que la famille Belmont, chasseurs de vampires de père en fils, ne fait pas partie de l'intrigue alors qu'elle se trouve être au centre de la saga en tant qu'héros. Ceci dit, à vouloir lire un titre intitulé Castlevania, on retrouve l'ambiance sombre des Carpates de Vlad Tepes. Le donjon brille toujours au clair de lune et la magie fait partie intégrante de l'aventure. Mais qu'est-ce que c'est lent à démarrer ! Le lecteur aura beau tourner les pages jusqu'à la moitié du premier volume, il n'aura rien d'intéressant à se mettre sous la dent, le gogo mordra peut-être dans le fait de retrouver un personnage adolescent faire quelques gaffes avant de devenir le personnage relatant le dénouement de l'intrigue... Le scénario s'épuise comme une peau de chagrin pour aller droit au but sans prendre de pincettes et montrer le combat d'Hector contre Isaac et accessoirement le vampire en chef...

Château en ruine

Néanmoins, une fois la première moitié dépassée, le rythme s'impose et les événements commencent à devenir relativement plus intéressants. On sent que Sasakura s'est débarrassé de toutes les contraintes propres à l'adaptation avant d'élaborer un dénouement potentiel. Castlevania s'en porte d'autant mieux par la suite. La deuxième partie aurait presque pu rendre le titre intéressant si le mangaka ne se prenait pas les pieds dans le piège à loups en offrant un bestiaire somme toute faiblard et peu convaincant (voir le loup-garou horripilant). Peu d'emballement et on ne voit pas comment on pourrait faire autrement devant cet amoncellement de déceptions qui aurait pu être bien mieux exploité.

L'auteur ne brille pas non plus par son talent graphique restant dans la norme. Pas vraiment de quoi décoller de sa chaise, c'est juste propre et bien léché tout en reprenant les images types de Castlevania (soir de pleine lune, escalier en pierre taillé, décors gothiques...). Les personnages élancés restent tout de même le point le plus positif du manga. Ca fait trop peu pour y adhérer...

Une adaptation supplémentaire à ranger aux côtés de celles de Zelda, Sonic ou Mario. Un truc pas vraiment intéressant, à réserver uniquement aux fans pur et dur du jeu. C'est tout et c'est quand même bien peu.