5.5/10Aspirin

/ Critique - écrit par Kei, le 25/01/2006
Notre verdict : 5.5/10 - Un peu trop effervescent (Ecrivez votre critique)

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Nominé au « National Comic 2002 » du Ministère de la Culture et du Tourisme de Corée, ce manhwa compte autant « d’aspirin maniacs » coréens que Dragon Ball, à son époque !

La grande folie du manhwa continue chez les éditeurs de bandes dessinées. Bien qu'arrivées un peu tard sur le marché, les éditions Soleil ont visiblement décidé de mettre les bouchées doubles. Après avoir sortis des manga pas vraiment connus, à part le très violent et racolleur Battle Royale, ils viennent de créer une division manhwa. Et pour une fois, Soleil a décidé de faire dans l'originalité. Enfin, c'est le cas pour d'autres sorties, mais pas pour Aspirin qui reste terriblement conventionnel.

Convenu... Vous avez dit convenu ?

Aspirin
Aspirin
Bien qu'étant considéré comme un fils par le roi, On Dal est banni pour avoir cassé une boule de crystal. Il faut dire que cette boule contenait les “dieux des quatres pôles”, qui possèdent des pouvoirs terrifiants. Il est accompagné dans son exil par son tuteur, qui a pour mission d'en faire une grand guerrier, comme l'était son père disparu (mais pas mort).

Une histoire originale non ? Si vous n'y reconnaissez pas tous les clichés du shônen, c'est que vous découvrez le genre. Tout y est très convenu : la quète des compagnons d'infortune, les caractéristiques des personnages, la magie, les armes, etc... Tout à déjà été vu et revu. La palme de l'originalité revient tout de même aux Deus Ex Machina qui sont totalement prévisibles : on sait quand il va y en avoir un, et ce qu'il sera. Un comble pour un effet qui n'est souvent qu'une porte de sortie facile pour une situation impossible et un scénariste fainéant.

Graphiquement, Aspirin est très propre. Sans une once d'originalité, mais propre. On distingue facilement les personnages, on a droit au minimum syndical de fan service, à une bone dose de SD et à l'habituelle absence de décors, avec en bonus quelques planches particulièrement bien dessinées. Ces pages sont celles qui reprennent les codes du shôjo, donc c'est un peu attendu, mais c'est tout de même bienvenue. Rien à redire en dehors du reproche habituel : c'est beaucoup trop pauvre et fade. Ah si, tout de même : les combats sont un peu brouillons et on a du mal à voir ce qui se passe.
La mise en page est classique au sens “franco belge”. On n'a jamais deux cases qui se chevauchent, ni des cases bizeautées ou une autre de ces habitudes typiquement asiatique. Ici, toutes les cases sont bien organisées, les unes en dessous des autres, avec un bon demi centimètre d'espace entre les rangées.

Pour sa défense, signalons quand même quelque blagues qui font sourrire, et un ton très léger agréable. Au moins, les auteurs ne se prennent pas au sérieux, et c'est sans doute ce qui sauve (presque) ce manhwa du désastre le plus total. Et puis ce manhwa est tout même bien construit, les auteurs ont su ménager des pauses entre les scènes d'action pour faire retomber toute l'agitation. Ces pauses ne sont pas désagréablse, ni mal placées : elles ménagent le lecteur et ralongent l'histoire sans la diluer.

Parlons un peu de l'édition. On ne peut pas vraiment dire que Soleil ait fait un travail irréprochable. Tout d'abord, le papier est de mauvaise qualité. Et du coup, l'impression n'est pas très propre. En étant méchant, j'irais presque jusqu'à dire qu'on s'approche de la qualité des magazines de prépublications japonais. Mais ce qui énerve plus que tout, ce sont les 10 pages de publicité que l'on trouve à la fin de chaque tome. Le volume n'est déjà pas bien épais (160 pages), et ces pages de publicités sont plutôt malvenues. On en trouvait déjà dans certaines publications d'Akata, mais avoir 10 pages de pub après un volume de 300 pages, ce n'est pas la même chose. Et à 7€ le tome, ca sent bon l'arnaque. Pika fait beaucoup mieux pour le même prix.

Aspirin est un manhwa sans relief : entre l'histoire bateau et le dessin banal, on ne retient rien de ce manhwa. La première lecture peut être divertissante (surtout si comme moi vous venez de lire Les Ailes du Phénix), mais la deuxième est juste énervante et donne envie de se débarasser de ce manhwa. Et ce n'est pas l'édition de Soleil qui pourrait donner envie de le laisser dans votre bibliothèque. Quitte a prendre un manhwa chez Soleil, autant regarder du coté des séries un peu plus ambitieuses comme La Lune et le Soleil.