6.5/10Ashman

/ Critique - écrit par juro, le 29/03/2010
Notre verdict : 6.5/10 - Ashes to ashes (Ecrivez votre critique)

Tags : gunnm ashman tome kishiro manga yukito edition

Dans le monde du motorball, Snev, une jeune recrue, voit ses rêves de gloire bien vite réduits à néant. Et alors même qu'il se bat pour sa dignité, il découvre que ce en quoi il croyait n'est autre que ce qui l'a trahi. Coincé dans un monde de violence, de meurtre, de drogue et de corruption, Snev tente de donner un sens à sa vie sans trop y perdre les pédales.

Ashman
Ashman
Avant
Gunnm, Yukito Kishiro a fait deux ou trois choses, des sortes de coups d'essai avant son œuvre phare... et encore plus avec Ashman, sorte de prélude aux aventures de Gally sur la piste du Motorball. Dans cette aventure noire, l'auteur fait apparaître un sportif en échec, antihéros contre son gré, un loser sur toute la ligne dont le destin ne le préfigure qu'à devenir le roi du crash dans cette discipline violente. La bestialité cyberpunk du public surgit à chaque instant de l'ombrage que l'auteur sait créer. Les femmes fatales et l'ambiance noire font penser à un polar, et seul un événement déclencheur tragique pourra remettre Snev sur un chemin plus propice à son destin. La force de l'auteur est de parvenir à tirer le maximum de ses personnages jusqu'à la prise en main du destin du héros au beau milieu de l'adversité. Contrairement aux trois quarts terribles du manga, le final est la lumière qui pourfend l'ombre. Une note d'espoir.

Le manga est bourré de thèmes et réflexions denses (le dopage, le doute du sportif, la peur de l'échec...) mais il est inabouti en raison de la volonté de l'auteur de ne proposer son histoire que sous forme de one-shot. La fin est évidemment trop rapide mais elle possède un sens fort et qui se propose en tant qu'apéritif à Gunnm et aux futures joutes de Gally. Yukito Kishiro offre un style bien différent de celui connu jusqu'alors. Un peu moins détaillé, avec un encrage important, le lecteur averti pourra y déceler les débuts de la virtuosité du maître lorsqu'il s'expose sur une double page, notamment.

Réellement à découvrir, Ashman est un grand one-shot par son intensité mais petit dans sa durée. Mais un travail de Kishiro mérite toujours que l'on s'y attarde un minimum.