4/10AI Non-Stop !

/ Critique - écrit par Jade, le 14/06/2005
Notre verdict : 4/10 - AI Please Stop ! (Ecrivez votre critique)

Tags : manga akamatsu tome ken love hina evaluation

AI Non-Stop ! est un des antécédentsde Love Hina. La question est : ce manga a-t-il une valeur intrinsèque quelconque, ou est-il destiné à rester dans l'univers impitoyable du manga comme un simple brouillon dégoûtant ?

Aï non-stop !
Aï non-stop !
Ken Akamatsu est l'auteur de
Love Hina, cette série qui marqua dans l'histoire du manga (du manga sentimental en tout cas) un tournant magistral. Introduisant une bonne dose d'humour dans ses intrigues, et surtout créant le personnage du anti-héros caractérisé par sa perversité et sa nullité en tout domaine, souffre douleur de tous les personnages féminins de la série.
Hé bien, sachez qu'en étudiant les antécédents d'Akamatsu, l'on peut facilement retrouver des esquisses de ce qu'allait devenir l'oeuvre mondialement connue que l'on sait. AI Non-Stop ! est l'un de ces antécédents. La question est : ce manga a-t-il une valeur intrinsèque quelconque, ou est-il destiné à rester dans l'univers impitoyable du manga comme un simple brouillon dégoûtant ?

Dans un premier temps, c'est-à-dire après avoir lu environ les trois premiers volumes, on serait tenté de soutenir la deuxième idée. Développons donc d'abord cette idée et avec elle les nombreux défauts de AI Non-Stop !.
Hitoshi Kobe est en seconde, il vit seul et peut se vanter d'être la tête de turc de son école. Personne ne l'aime, notamment car il est nul en sport comme en cours. Sa seule passion est l'informatique, pour laquelle il à un talent inné. Il développe des intelligences artificielles auxquelles il donne l'apparence et le caractère d'une fille pour palier à son manque d'affection. Par miracle, un soir d'orage, son programme, appelé Satie, sort de son ordinateur. Programmée pour être avec Hitoshi en toute circonstance, ainsi commence une - sortez vos mouchoirs - superbe histoire d'amour. D'où le subtil jeu de mot du titre, AI pouvant se lire comme ‘Artificial Intelligence' ou amour en Japonais.

Frappant par sa banalité, AI Non-Stop se révèle être un manga extrêmement niais et plat. Ce sont surtout les personnages qui donnent cette impression d'éternel déjà vu médiocre :
Si l'on peut voir dans Hitoshi un Keitaro (Love Hina) en puissance, Satie est le cliché même de la femme soumise version nippone s'exprimant de temps en temps dans des oeuvres de seconde zone. De ce couple ne ressort qu'une dose de bons sentiments pré-mâchés que le titre du manga met en avant avec une justesse assez frappante. De l'amour sans limite, c'est bien ce qu'il faudra à Satie et Hitoshi pour repousser les nombreux méchants qui veulent les séparer ou les mettre à l'épreuve, telle Tweanie, une ancienne AI jalouse de Satie. Seuls amateurs d'histoires d'amour convenues les plus acharnés sauront se passionner pour une aventure aussi fade, au schéma indéfiniment répété.

Fort heureusement, l'histoire évolue assez vite (trois volumes quand même) vers une forme plus lisible, qui à défaut de relever énormément le niveau d'intérêt, a le mérite d'être beaucoup moins niaise. Ainsi, la solitude d'Hitoshi se transforme en perversité déclarée et Satie prend du répondant de manière assez spectaculaire. Les personnages secondaires acquièrent eux aussi une certaine importance, et le monde édulcoré et mignon du début cède sa place à un univers déluré où l'alcool et le sexe ont une place de choix. Voilà donc le décor de Love Hina planté avant l'heure, et soyez en sûrs, Hitoshi prendra sa dose de baffes spectaculaires, et le lecteur aura sa dose de petites culottes.
Ainsi, la deuxième partie de AI Non-Stop ! est d'autant plus intéressante qu'elle est drôle, dans une ambiance originale et bourrée d'idées franchement sympathiques. Malgré cette amélioration significative, ce manga reste d'une qualité moyenne, notamment par ses dessins médiocres et le fait que dans le même genre Love Hina le dépasse dans tout les domaines. A réserver aux amateurs du genre.

AI Non-Stop ! commence très mal et finit plutôt bien, ce qui fait qu'il mériterait la moyenne. Mais parce que Krinein est un site où le critique a son mot à dire et que je n'aime décidément pas ce genre de mangas, je décide de ne lui mettre que 4.