FMA = France Marionnette Alchimie
Dans la Bretagne du XVIIème siècle, un alchimiste éconduit créa un jour l'Aqua Vitae, qui permit de donner la vie à une simple poupée mécanique... Dans le Tokyo actuel, Narumi : un expert en combat, est atteint de l'exotique maladie de Zonopha. Le pauvre se voit condamner à devoir faire rire les gens s'il ne veut pas arrêter de respirer. Le voilà alors déguisé en ours contraint de faire le clown. Seul un jeune garçon nommé Masaru sourit à ses pitreries. Malheureusement celui-ci se fait soudainement kidnapper sous ses yeux. Narumi n'a d'autre choix que le secourir. Masaru lui révèle alors qu'il est l'héritier d'un colossal empire financier, spécialisé dans la mécanique de précision.

Karakuri CircusPourchassé, Masaru va heureusement pouvoir compter sur l'aide de Narumi mais aussi sur la présence d'une jeune fille appelée Shirogané qui sera d'une aide précieuse dans la bataille qui suivra. En effet, Shirogané n'est rien d'autre qu'une experte marionnettiste... Et justement, Masaru est en possession d'une bien étrange valise.
L'intrigue de Karakuri Circus peut paraître un poil compliquée, voire pas très attrayante. Pourtant, le lecteur assidu de shônen ferait une grosse erreur en passant à côté de ce titre. Car passé quelques volumes, l'histoire se met réellement en place et on comprend alors que Fujita ne nous proposait que l'introduction à une histoire bien plus vaste qui prend son origine en Bretagne. Rapidement, le lecteur va voir se mettre en place un scénario travaillé dont les tenants et les aboutissants le dépasse pour le moment. Pour autant, la première partie est elle aussi intéressante. On y découvre le monde des marionnettistes et de leurs pouvoirs petit à petit. L'immersion dans le monde de Karakuri Circus se fait posément.
C'est fini le premier arc, que le manga va réellement se lancer, que l'intrigue principale va être dévoilée et surtout que Fujita va dévoiler tout son talent de narrateur. A la vue de l'intrigue qu'il met en place, on comprend que son manga est dépassé les trente tomes haut la main. Retour en Bretagne, plus précisément à Vannes pour découvrir de nouveaux protagonistes. C'est ici que l'alchimie et les marionnettes ont scellé leur funeste destin. Les révélations tombent, le mangaka répond à quelques questions mais en soulèvent bien plus. Néanmoins, l'ennemi est révélé et c'est sur l'entité du Cirque de Minuit qu'il faut dorénavant compter. Une orientation nouvelle qui pousse Karakuri Circus vers des influences telles que La Caravane de l'Etrange par exemple. Le cirque reprend alors son aspect passé avec son imagerie et son bestiaire qu'on lui connaît (monstres de foire...). Exit le cirque contemporain... Pour un temps seulement. En effet, l'auteur aime jouer avec les nerfs de son lectorat. Si l'intrigue qui prend place en France est la clé de l'histoire, le mangaka n'en oublie pas son héros : Masaru. Lui aussi détient sans nul doute une partie de l'énigme tout comme Shirogané. Le puzzle se met en place, les pièces sont posées, maintenant il n'y a plus qu'à espérer que Fujita senseï arrête de jouer avec les nerfs et la patience du publique.
Karakuri Circus un manga guignolesque
Si les combats prennent une place importante dans l'histoire de Karakuri Circus, il ne faut pas oublier que le mangaka nous entraîne dans le monde du cirque... Et qui dit cirque dit clown. L'auteur n'a pas oublié de représenter le côté comique. Tout d'abord, la personne de Narumi est un gag à elle toute seule, en particulier sa maladie qui compte tenue du gaillard va forcément entraîner des situations plus drôles les unes que les autres. Shirogané va elle aussi amener son lot de situations cocasses. En effet la belle demoiselle, tueuse professionnelle à ses heures perdues, en a oublié de découvrir la société. Résultat, l'ingénue fait sourire. En combo avec Narumi, la situation en devient même explosive.
Plus généralement, les protagonistes secondaires qui apparaissent au fil des tomes sont souvent tordants. Tout du moins ceux que rencontrent la troupe de Masaru. Pour n'en citer qu deux : Hiro et Nori. Rien de mieux pour détendre l'atmosphère et le lecteur après une révélation à même de bouleverser l'ordre mondial !
La plume du cirque où le cirque Plume ?
Graphiquement, Kazuhiro Fujita possède un style plutôt atypique et en ce, en particulier dans le design de ses personnages. A première vue, on pourrait croire que l'auteur dessine des caricatures, les traits sont grossis, les détails réduits. Pourtant, force est de constater que les visages sont expressifs et rendent bien. Le chara-design est aboutit, les protagonistes sont travaillés et posèdent un certain charisme. Fujita ne lésine pas sur les hachures, souvent son dessin est saturé (dans les cènes de combats mais cela ne nuit pas à la compréhension de la scène).
On peut regretter à la limite une certaine hétérogénéité des planches du manga. Certaines sont magnifiques tandis que d'autres sont plus ou moins bâclées. Dommage, car quand l'auteur s'applique, c'est tout bonnement magnifique. Même constat concernant la mise en page de l'auteur qui reste pour le moment trop classique.
Quel cirque !
L'édition de Akata est de qualité en rapport avec le prix. L'encrage est bien rendu, l'editing ne relève pas de défaut visible et la traduction semble très correctes. Comme déjà dit dans d'autres critiques, le papier est le bas qui blesse car trop fin, légèrement transparent et de qualité moyenne. Rassurez-vous, on est encore loin du travail proposé par J'ai Lu.
Enfin, une fois de plus l'éditeur a jugé bon de changer les couvertures de Karakuri Circus. Comme pour Inugami on a le droit à un relooking complet de celles-ci à partir du volume 09. Si les nouvelles jaquettes du Réveil du Dieu chien faisaient honneur à son contenu et en retranscrivaient bien l'ambiance, en revanche celles de Karakuri Circus sont pour le moins ratées. En effet, pour ces nouvelles couvertures, le graphiste d'Akata reprend juste un des personnages marquant du volume en l'agrandissant, un copier/coller sur un fond uni à la couleur douteuse et le tour est joué.
Sincèrement, c'est bien entendu une question de goût. Pour ma part, les couvertures originales étaient magnifiques, en particulier les dernières. En outre, elles représentaient bien le contenu du manga. Vouloir les changer pour que la série trouve son public et se vende mieux est une initiative louable mais si le lecteur n'aimait pas les dessins sur les jaquettes, il sera sans doute hermétique aux dessins du mangaka.
Au final, Karakuri Circus est un shônen atypique comme on aimerait en voir débarquer plus souvent. Ce manga se situe à l'opposé de la production actuelle envahissant les rayons (MÄR, Zatchbell...). A l'ère du shônen formaté, il est bon de pouvoir encore en lire quelques uns d'originaux. Bref un manga à ranger dans sa bibliothèque accolé aux volumes de Jojo's Bizarre Adventure.
Djak []

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