Après un premier OAV de 12 épisodes sorti en 1988 intitulé Gunbuster : Top wo Nerae ! (en gros "visez le top"), la franchise est de retour pour un deuxième acte comprenant 6 OAV produits en 2004, encore une fois signés par les studio Gainax (Evangelion, FLCL, He is my master) et Bandai Visual, qui profiteront par la suite de ce retour réussi pour produire en 2006 le film clôturant (et compilant) la saga : Gunbuster vs Diebuster : Gattai Gekijôban. Mais revenons sur les 6 OAV qui nous intéressent, à l'occasion de leur sortie chez Beez en mars 2008 dans un coffret intégral de très bonne facture. Image haute gamme, son dolby digital, un package vraiment alléchant suivi d'un menu coloré et réussi mais un peu récalcitrant, le tout porté par le thème muiscal principal tiré de l'anime, excellent morceau aux sonorités militaristes, et agrémenté de quelques interviews plus ou moins intéressantes (celle de la "seiyuu" de Nono tient plus du gag que de l'entretien...). Une entrée en matière qui nous invite à croquer à pleine dents dans cette courte série.
Pour en finir avec les présentations, Gunbuster : Top wo Nerae ! 2 est un anime de type mecha/SF réalisé par Kazuya Tsurumaki, un homme expérimenté qui avait déjà participé au premier Gunbuster, et qui maîtrise parfaitement les univers de l'animation SF nippone grâce à son travail sur la série et les films Neon Genesis Evangelion, mais aussi un homme qui impressionne par sa polyvalence et son talent (il a été storyboarder, animateur et scénariste avant d'être réalisateur) et qui est un fidèle de Gainax de par son travail sur FLCL, Mahoromatic, Petite Princess Yucie. Yoji Enokido le scénariste peut également se targuer d'une expérience tout à fait confortable dans le domaine de la SF, avec sa participation aux scripts d'Evangelion, RahXephon et Melody of Oblivion, et on remarque surtout que la paire a déjà travaillé ensemble sur FLCL. Un duo qui laisse augurer pour Gunbuster 2 un gage de qualité.
Nono, une jeune fille qui rêve de découvrir l'étendue de l'univers et de sortir de son petit village trop paisible pour devenir astronaute, décide de fuguer un beau soir. Elle atterrit bien malgré elle dans un café paumé sur le bord d'une route peu fréquentée de la planète Mars et s'y engage comme serveuse, mais sa maldroitesse chronique et sa propension naturelle à tout casser ne l'aident pas. Elle est décidèment très loin de pouvoir devenir astronaute... Et pourtant elle y fera par hasard la connaissance de Lark, une véritable astronaute, membre de la Fraternité qui combat les monstres spatiaux car elle fait partie des "topless", des humains qui ont évolué et développé des pouvoirs psioniques. Peu après, alors que Nono se retrouve prise bien malgré elle en plein champ de bataille entre Lark et un énorme monstre extraterrestre, elle se porte au secours de sa patronne coincée sous le monstre et fait montre d'une force insoupçonnée. Elle possède elle aussi des pouvoirs de psionique !! Nono va se retrouver engagée au milieu d'une guerre intersidérale entre les forces de l'armée spatiale humaine et les monstres spatiaux...
Graphismes superbes, portés par une imagerie de synthèse omniprésente et bien intégrée (Gainax nous a habitués à ce niveau de qualité donc on est pas surpris), des arrière-plans assez basiques et pourtant très réussis, et un character design très sympathique. Les visages sont en effet agréable
une attaque des monstres spatiaux (c) beezs à l'oeil, dans un style moderne et simpliste qui se concentre sur les yeux et les mouvements du corps pour faire passer les expressions. On doit ce design à Yoshiyuki Sadamoto, responsable des dessins des personnages de Comic Gunbuster (le manga à l'origine de Gunbuster), de FLCL, Evangelion, et de toute la série des .hack//, un style particulier pour ce designer qui n'est pas n'importe qui et que les fans de ces séries reconnaîtront tout de suite dans les traits des héros de Gunbuster 2.
La série se caractérise par un univers visuel très coloré, un style qui se concentre sur les tonalités de couleurs pour donner vie à un environnement futuriste désertifié, technologique, et inhospitalier : les couleurs chaudes dominent donc quand la chaleur et le soleil sont de la partie, tandis que dans l'espace le noir et le rouge s'imposent . Un procédé très élaboré qui joue sur l'importance des atmosphères des fonds et des décors pour augmenter la puissance, et l'impact des images. Une puissance extraordinaire on peut le dire, tant les graphismes sont beaux et la réalisation inspirée.
Très peu de points faibles à mettre en exergue donc, vu les qualités impressionnantes montrées dans chaque épisode, une animation quasi sans faille, une 3D de grande classe à part quelques ratages sur les mechas (les images de synthèse c'est bien pratique mais il ne faut pas non plus opter pour la facilité et oublier de rendre les effets des Buster machines crédibles !), bref un visuel plus qu'attrayant et distrayant dans l'ensemble.
Pour ne rien gâcher, la bande-son est également véritablement réussie, variée et néanmoins basée toujours sur les mêmes principes : des sonorités très modernes, métalliques, électroniques, mélées à des aspects plus orchestraux et accompagnant des beats pesants qui impriment un rythme quasi-militaire à la plupart des morceaux. Le thème principal sort du lot avec ses accents symphoniques militaristes avoués, un air grandiose qui accompagne nombre des morceaux de bravoure commis tout au long de la série. Mais il n'est pas le seul morceau à nous charmer par ses envolées lyriques, d'autres prenant le relais à coups de violons et de percussions majestueuses. Le reste est constitué de petites mélodies plaisantes soutenant les scènes comiques ou sentimentales. Sans oublier un opening très entraînant, Groovin' Magic interprété par Round Table et Nino, et deux endings assez jolis eux aussi.
Zéro + Zéro = la tête à Nono
Au milieu de toute cette éxubérance graphique, l'ambiance est contrastée à longueur de temps entre le côté humoristique des pérégrinations de Nono, cruche au possible, multipliant les gaffes et les catastrophes involontaires, et d'un autre côté la violence des combats, la noirceur des ennemis et du vide spatial, un mélange détonant qui fait pourtant mouche grâce à des protagonsites attachants et au capital sympathie développé par Nono, héroïne passionnée et passionnante, 
Nono en colère ! (c) beezdont la sensibilité envahit toute la série. Une vraie personnalité, qui ne se laisse jamais faire, une jeune fille motivée et courageuse... elle a tout le charme nécessaire pour donner une âme à cette série, elle est imprévisible et nous fait toujours sourire, autant dire tout de suite que c'est le véritable atout de Gunbuster 2, grâce à son imperturbable dynamisme. Comme dirait Lark : "Mais c'est qui cette nana ???"
D'un autre côté, Nono peut aussi être barbante à certains moments, et les quelques images un peu ecchi parsemées ça et là dans Gunbuster 2 ne sont pas vraiment indispensables, on finit pas être un peu exaspéré à force de voir revenir encore et encore le cliché de la jeune fille maladroite mais sexy car elle montre sa culotte sans le faire exprès. Heureusement que les quelques gros plans destinés aux voyeurs graveleux sont heureusement assez peu nombreux et disparaissent dans les derniers épisodes pour qu'on laisse passer la chose, bien qu'il soit très peu discrets.

un Buster Machine (c) beezAu final, Gunbuster 2 ne sort pas vraiment des sentiers battus du genre très codifié des animes de mechas : les gros robots (les Buster Machines dans le cas présent) sont imposants, ressemblent à des gros chevaliers en armure dotés d'une cape "pour faire classe" (parce que oui c'est classe les capes), sont contrôlés par des adolescents surdoués (ici doués de pouvoirs psioniques), rien de bien original, même au niveau du principe que les pilotes doivent être en accord avec leurs Buster Machines qui ne sont pas de simples robots mais des êtres biomécaniques (ils ont des yeux assez humains pourrait-on dire). Dans Gunbuster 2, la différence se fait dans la mise en scène et l'efficacité de la réalisation : les combats sont intenses, dynamiques, et nous communiquent une impression de puissance et de vitesse sublimes lors d'affrontements gargantuesques entre des mechas plutôt jolis à voir et des monstres au design inventif; l'euphémisme est de mise : les monstres (sortes d'insectoïdes ou mollusques extraterrestres géants) sont beaucoup mieux réussis que les mechas (le Buster numéro 19 de Lark est plutôt impressionnant, mais les autres sont assez ridicules, particulièrement le numéro 90).
Les combats s'enchaînent sur un fond d'anticipation SF peu exploité et pourtant prometteur (les humains ont pris le contrôle du système solaire et s'y sont propagés), entrecoupés de quelques scènes de détente, le temps de faire évoluer un peu le scénario qui consiste à nous faire découvrir quelques nouveaux personnages pour relancer l'intérêt, et nous glisser au fil des dialogues quelques embryons de réflexion intéréssants sur les psioniques et le statut des machines. De bonnes idées limitées par un format trop court (6 OAV).
Néanmoins la conjugaison de l'expérience du réalisateur et du scénariste en matière d'animes de mechas finissent de nous convaincre, avec une gestion parfaite des scènes de combat et des relations entre les pilotes et leurs mechas. Le rendu visuel est superbe, mais on aurait quand même préféré une histoire moins fragmentée, prenant le temps de s'épaissir et de creuser un peu plus ses personnages.
En bref Gunbuster 2 s'avère être une synthèse de tous les atouts graphiques et des défauts scénaristiques des animes de mechas, loin de s'imposer comme un modèle du genre, il ravira cependant aisèment les fans de SF et de mechas, et tous les curieux qui seront séduits par tant de beauté visuelle.
Kurono-kun []

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