mercredi 23 mai 2012 | 38 min depuis la dernière mise à jour | 16 959 articles | 11 611 membres FACEBOOK | TWITTER | RSS

Hagane no Renkinjutsushi - FullMetal Alchemist

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par - le 23/07/2011


Les cinq premiers volumes de la série.

La licence Hagane no Renkinjutsushi, gros carton au Japon, a véritablement aidé l'éditeur à se lancer. Profitant du succès naissant de l'animé à l'époque, Kurokawa a littéralement surfé sur la vague FMA pour acquérir le statut qu'ils ont maintenant.


Alphonse, déterminé à en découdre.

Au Japon, le manga d'Hiromu Arakawa a le vent en poupe depuis le début de sa pré-publication. Avec ces 50 000 000 d'exemplaires vendus (27 tomes, série terminée), c'est même devenu un incontournable du manga ! 2 séries animés (respectivement 51 et 64 épisodes), 2 films d'animation (le premier venant clôturer la première série TV et un autre qui arrive, lié à la seconde série animée) plus tard, FMA est même diffusé sur des chaines françaises (Canal + et MCM). Le manga s'est achevé début juillet en France avec la sortie du 27e tome à Japan Expo, c'est l'occasion donc de faire un récapitulatif qui vous dira pourquoi FMA est une série à ne pas manquer !


Petit aperçu des personnages de la série (il en manque tellement !).

Synopsis

Les frères Elric sont deux jeunes alchimistes (les gens qui sont censés changer le plomb en or, si si !) de talents qui vivent à Amestris, une nation militaire  dirigée d'une main de fer par le président King Bradley. Ils ont un problème... ou du plutôt, plusieurs : après avoir tenté une transmutation humaine pour ressusciter leur mère, le plus jeune, Alphonse, a perdu son corps et Edward, l'ainé, à perdu un bras et une jambe. Au bord de la mort, Edward a réussi à rattacher l'âme de son frère à une armure de collection qui appartenait à leur père. A la recherche d'un moyen pour retrouver leur corps, le parcours des frères Elric sera semé d'embûches (Scar, un tueur issue d'une ethnie décimée ainsi que les Homonculus se dressera sur leur route) toutes plus dantesques les unes que les autres. Ils se rendront aussi compte que quelque chose ne tourne pas rond dans leur pays...


Le Général de Brigade Olivia Armstrong contre l'Homonculus Sloth (la paresse).

Les adaptations animées

La première série animée, sortie bien avant la fin du manga au Japon, diverge par rapport à l'histoire originale après l'assassinat du colonel Maes Hughes. Les 51 épisodes de l'animé se clôturent sur une note d'inachevé (un peu comme Evangelion en fait), d'où la nécessité pour le premier film, Le Conquérant de Shamballa, qui vient mettre un point final à tout ça, sur fond d'Allemagne des années 1923. Autant le dire tout de suite, je n'ai vraiment pas apprécié cette première série animée. La direction prise est vraiment moyenne et on voit clairement la rupture entre la narration d'Arakawa et celle des scénaristes de la série. Les idées sont radicalement différentes. Fort heureusement, la deuxième série, nommée FMA: Brotherhood, respecte le manga presque à 100 % (ce n'est jamais possible d'avoir une vraie fidélité à 100 %). Elle est plutôt bien réalisée et l'animation ne souffre d'aucun ralentissement. Les opening sont dynamiques et collent bien à l'ambiance de la série, tout comme les doublages.


Les deux frères, à la recherche de leur destin.

Les adaptations consoles

Fort de ce succès, la série a été adaptée de nombreuses fois en jeu vidéo : 2 fois sur GameBoy Advance, à 4 reprises sur PS2, 1 fois sur DS, 2 fois sur Wii et une dernière adaptation sur PSP. Beaucoup d'adaptations mais malheureusement, il n'y en a qu'une seule qui est sortie en France et c'est celle sur PSP, reprenant la trame de la série Brotherhood dans un jeu de combat entremêlé de phases de dialogue. Le jeu est plutôt réussi graphiquement parlant, optant pour un style qui fait bien ressortir le côté animé de la série (même si les différents niveaux ne sont pas terribles). La maniabilité laisse à désirer. Les techniques mettent un petit temps de latence avant de s'activer, ce qui a pour but de gêner le joueur en combat. Un autre problème du jeu réside dans son scénario. Revisitant les grandes scènes de la seconde série, il est très difficile pour un joueur lambda d'accrocher et de comprendre concrètement ce qui se passe. Malgré ses 16 personnages jouables, il est dur d'accrocher sans être fan.


FullMetal et Flame Alchemists VS Scar sur PSP.

Les light novels

Parmi les nombreux types d'adaptations de la série, il faut aussi compter sur les light novels. En effet, les manga à succès sont de plus en plus portés au format roman de 150/200 pages pour étoffer l'univers grâce à des side stories. Ecrits par Makoto Inoue (mais supervisés par Hiromu Arakawa elle-même), les romans sont parus aux éditions Fleuve Noir (le côté "littérature" des éditions Kurokawa) en France. Les 6 volumes étant passés entre mes mains expertes (Qui a rigolé ?!!!), le véritable apport des romans vient des précisions qu'ils amènent concernant le monde créé par Arakawa. Chacun des romans suit un cheminement plus ou moins semblable, à savoir : un évènement vient bouleverser le voyage des frères Elric, ils se mettent à la recherche d'indices, ils coincent le coupable et tout se résout. A noter qu'aucun des romans ne se passe durant la série, tout se passe avant les évènements du manga.


Les couvertures des 3 premiers romans.

Le manga

Le manga en lui même démarre comme un shônen traditionnel. Deux jeunes garçons qui ont commis une erreur, ont payé le prix et cherchent une solution pour retrouver leur vie d'avant. Rien de bien folichon et pourtant, la mayonnaise prend ! Le graphisme d'Arakawa, si particulier, donne vie à des décors fouillés et fourmillant de détails mais aussi à des personnages aux émotions saisissantes. En effet, ce dessin au trait si distinct des autres auteurs (il est vraiment très facile à reconnaitre, il fait un peu plus "américain") est parfait pour illustrer une histoire qui ne se passe pas vraiment au "Japon" (ou dans un pays factice lui ressemblant).


Les Homonculus, au grand complet... ?

Au niveau des personnages, on trouve de tout :

  • Les frères Elric ont un caractère à l'image de leur aspect visuel : Edward, petit blondinet, est impulsif et n'hésite pas à se ruer sur ceux qui le traitent de nain et Alphonse, calme et réfléchi, comme la froideur du métal qui compose son corps. D'ailleurs, souvent, le petit gag du "C'est Alphonse le FullMetal Alchemist et pas Edward" revient ponctuer les présentations de nouveaux personnages. Mais les deux héros sont vite rejoints par des personnages tout aussi intéressants voir plus !
  • Winry Rockbell est l'amie d'enfance des frères Elric mais aussi la mécanicienne qui s'occupe des automails d'Edward, les parties mécaniques qui remplacent ses membres perdus. C'est elle qui les a conçus et qui en assurent le suivi (vu le nombre de fois où Edward les casse...).
  • Scar, tueur rescapé du Génocide de la civilisation Ishbal, est un ancien moine combattant qui verra sa mentalité évoluer de manière drastique au fil de la série :  il abandonnera son voile de tueur sanguinaire pour redevenir le moine qu'il était avant que l'on massacre son peuple.
  • Le colonel Roy Mustang, le Flame Alchemist, alchimiste qui manie le feu donc, est accompagné d'une équipe qui lui est fidèle : Riza Hawkeye (son lieutenant/main droite et fille de son défunt maître), Falman, Breda, Havoc et Fuery. Avec eux, il nourrit une ambition particulière : devenir président et faire de ce pays un endroit où le gouvernement servira les intérêts du peuple. Autres représentants de l'armée qui valent la peine d'être cités : le Commandant Armstrong et sa soeur le Général de Brigade Armstrong. Ils sont issus d'une famille dont la tête brille en permanence. Le commandant est une montagne de muscle qui n'hésite pas à se mettre torse-nu pour embrasser les gens ! Sa soeur est d'un caractère radicalement opposé. Militaire endurcie, elle est l'incarnation de la rigueur de l'armée.
  • Les Homonculus sont créés par "extraction" d'un des 7 péchés capitaux du corps de celui qu'ils appellent "Père" ("le petit être dans la fiole"). On retrouve donc des personnages qui, pour la plupart, sont plats en surface (car animé que d'une seule émotion) mais qui se révèlent beaucoup plus complexes au fur et à mesure que l'on avance dans l'histoire. C'est vrai en particulier avec le personnage de Greed. Au départ, il veut "tout" et au final il se retrouve à vouloir une chose simple : des compagnons.
  • Mei Chang et Lin Yao représentent l'exotisme dans le pays d'Amestris car ils viennent de Xing, un pays situé par delà le désert où l'utilisation de l'alchimie est différente. A Xing, l'alchimie est utilisée dans un but plutôt médical et est appelée Elixirologie. Mei et Lin sont à Amestris pour une chose : trouver un moyen d'obtenir la vie éternelle et la ramener à leur empereur, espérant ainsi devenir son successeur.


Un peu d'enthousiasme !

Cette myriade de personnages vient se greffer à un scénario complexe. Car derrière l'aventure physique des frères Elric se trouve un véritable voyage métaphorique. Les frères Elric voient leur mentalité évoluer via les fortes personnalités qu'ils rencontrent en route. Au contact de Scar, ils s'endurcissent. Au contact de Lin et Mei, ils se rendent compte que le monde n'est pas constitué que de ce qui les entoure mais qu'il existe aussi des choses qu'ils ne voient pas. La rencontre avec les Homonculus, êtres immortels, leur fera aussi réaliser l'importance de la vie mais aussi la réelle portée de leur erreur de jeunesse (lorsqu'ils ont tenté une transformation humaine pour faire revenir leur mère). Mais ce qui est vrai pour les frères Elric est vrai pour tous les personnages. Le commandant Armstrong par exemple, est sorti véritablement traumatisé par la guerre d'Ishbal. A la fin de l'histoire, il réussira à se libérer de ce traumatisme pour sauver sa soeur.


Van Hohenheim (le père des frères Elric), en bien mauvaise posture...

Ce scénario réussit d'ailleurs à se passer du traditionnel découpage en "arcs" des shônen manga. Ici, bien qu'un découpage soit facile à faire, l'histoire peut se lire comme un flux continu. Malgré un passage à vide de quelques chapitres au milieu de la série, l'histoire réussit à garder le lecteur en haleine pendant 27 volumes soit la bagatelle de 5000 pages. Cette capacité à ne pas perdre d'intérêt après tant de volumes vient, à mon avis, du rythme de la narration. Arakawa alterne parfaitement chapitres d'action et chapitres de dialogue, le tout entrecoupé par des flashbacks. Je pense que c'est une des armes d'Arakawa. Le retour en arrière est utilisé, non pas pour servir les personnages (comme dans d'autres séries comme One Piece d' où l'on en voit souvent lors de la présentation de nouveaux membres d'équipages) ni l'action (comme c'est le cas, par exemple, dans Rave d'Hiro Mashima) mais bel et bien l'histoire, la trame narrative pure et dure. Les révélations sur la guerre d'Ishbal surviennent exactement au moment où elles deviennent nécessaires à la suite de l'histoire, au moment où Scar commence à s'affirmer comme personnage clé de l'histoire. Les origines du père des homonculus ne sont révélées que vers la toute fin de l'histoire, quand on commence à comprendre ses motivations (elles ont une origine bien précise et bien expliquée).


Wrath (La colère) VS Greed (l'Envie)... Epique !

Conclusion

Pour m'aider à amener la conclusion, je vais dire un petit mot sur l'édition. Comme je l'ai dit plus haut, FMA était une des séries de lancement des éditions Kurokawa et dès le départ, elle laissait augurer un excellent niveau. L'aspect général est assez souple en main et s'ouvre facilement (pas besoin de forcer,
Scar... Naissance d'un tueur.
pas besoin de plisser les yeux non plus pour voir au centre de la reliure). Autre détail, Kurokawa est un des premiers éditeurs à avoir gardé les dessins humoristiques d'Arakawa sur les couvertures cartonnées. En effet, quand on enlève le protège-couverture, on trouve donc du bonus (Arakawa le dit elle-même dans un tome, elle adore dessiner des bonus !) avant même le début de la lecture du tome.

Pour résumer, FMA est un condensé de tout ce que l'on peut faire de meilleur dans le shônen avec une petite touche de seinen (juste un petit peu) grâce au côté un peu "mature" des évènements (il y a beaucoup de sang et de morts dans FMA). Les personnages sont tous plus charismatiques les uns que les autres et on referme le dernier tome avec un petit pincement au coeur. C'est ça le problème avec FMA, on s'était habitué à suivre les aventures de tous ces gens, avec leurs buts, leurs différences. La fin, même si parfaitement maîtrisée, reste une fin.


Les cinq derniers volumes de la série.

OuRs256 [9/10]