Natsuki Hayumi, présidente du club du lycée Saint François, se retrouve pour une dernière fois avec les autres membres du club lors d'une croisière organisée par le lycée. En effet, d'ici quelques mois, ses meilleurs amis partiront chacun dans une université étrangère. Les membres du club essayent ainsi de profiter le plus possible de cette croisière quand soudain une violente tempête éclate...
...Après avoir réchappé à la tempête en mer, Natsuki découvre qu'elle a été emportée au XVIIème siècle dans la région d'Amakusa. Elle est accueillie à bras ouverts par des habitants qui attendent désespérément la personne qui viendra les sauver de la dictature du shogun. Natsuki va progressivement découvrir que son destin est lié à ces personnes en quête d'espoir. En outre, notre héroïne va vite s'apercevoir que, tout comme elle, les quatre autres membres du club ont aussi été transportés à cette époque. Pour le pire ou le meilleur, Natsuki et ses compagnons vont réécrire une page sanglante de l'histoire du Japon.

Amakusa 1637Dans la préface de la jaquette, Michiyo Akaishi explique au lecteur qu'elle a toujours voulu mettre en scène l'histoire d'Amakusa. Si pour les japonais l'histoire est connue, pour le lecteur occidental c'est une tout autre histoire. Le lecteur français a droit donc a un cours sympathique sur une histoire du passé japonais en bonus.
Ainsi, la mangaka a décidé de mettre en scène une période trouble du Japon, un évènement sanglant. D'ailleurs, on peut remarquer que cette violence se ressent dans le manga. L'auteur, bien que dessinant un manga destiné principalement à un public de jeunes filles, n'hésite pas à montrer et dessiner des scènes de viols ou de meurtres. Certes, les gros plans sont absents dans ces passages et la scène est plutôt suggérée, mais saluons tout de même le travail de l'auteur qui nous montre un Japon peu édulcoré. Autre point positif de l'oeuvre, son époque. Déplacer l'action du récit en 1637 dans un Japon médiéval permet à l'auteur d'éviter pas mal d'écueils du shôjo, notamment les thèmes inévitables des péripéties des écolières en cours. Amakusa 1637 rappelle alors un autre shôjo publié en France chez kana : Basara. En revanche, outre le cadre de l'histoire, la comparaison entre les deux manga s'arrête là car l'oeuvre de Yumi Tamura est bien plus maîtrisée que celle-ci. En effet, la mangaka a de bonnes idées qu'elle exploite malheureusement mal, en particulier les relations entre les différents membres. L'histoire aurait sûrement gagné en suspense si la réapparition des lycéens du club Saint François avait été mieux distillée. Dommage car l'idée était là. Idem donc pour les relations liant les personnages. Aidée par des dialogues mièvres et insipides, des personnalités creuses et clichées des shôjo, la mangaka retombe de suite dans un shôjo trop classique. Transposé à la télévision on croirait alors à une adaptation des Feux de l'amour version Moyen Age.
Pour autant, Amakusa 1637 n'est pas un mauvais manga. L'auteur aborde pas mal de points intéressants comme ceux de la religion ou de l'exclusion. A travers la persécution des chrétiens, la mangaka tente ainsi de délivrer un message de tolérance. Le même schéma est utilisé dans l'oeuvre pour aborder l'homosexualité. Malheureusement, celui-ci est moins bien traité et dès les premières pages on voit apparaître quelques clichés sur ce thème. Mais ne blâmons pas l'auteur, après tout elle ne fait que mettre en scène des personnages et des situations dont les japonaises sont très friandes dans les yaoï.
Amakusa 1637 est le dernier manga en date de Michiyo Akaishi. La mangaka n'en est pas à ses premiers essais. Au hasard on peut citer L'éternité peut être (J'ai Lu), Alpen Rose ou bien P.A.. Bref, plus de cinq séries à son actif. Pourtant, force est de constater que le style graphique de la mangaka n'est toujours pas très joli. Passons sur les couvertures mal colorisées, représentant en un dessin tous les clichés du manga (écolière, cheveux violets, gros yeux...), pour nous intéresser aux planches du manga. Le style de Michiyo Akaishi est en fait un exemple parfait du shôjo : traits assez fins et peu détaillés. Seuls les visages sont en gros plan un peu plus travaillés. Malheureusement comme dans beaucoup de shôjo on a l'impression d'être devant un brouillon. En effet, on dirait que la mangaka ne peaufine jamais ses planches. Au final cela donne au dessin un aspect flou comme si un filtre était appliqué sur les pages. Rajoutons à cela une mise en page confuse et mal maîtrisée et un encrage soit trop clair, soit trop foncé dû à l'édition française. A ce propos, excepté ce point, le travail du label Akiko est semblable à celui des autres labels de SEEBD.
Amakusa 1637, deuxième titre de Akiko, séduira sans problème un public de jeunes filles. En revanche, les autres feraient mieux de passer leur chemin.
Djak []

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